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La résistance multiple dépend du caractère «social» de la résistance aux antibiotiques

Les chercheurs du projet COEVOCON, financé par l'UE, ont décrit comment la résistance des bactéries est renforcée par la présence de traces d'antibiotiques, à des concentrations bien plus faibles qu'on ne le pensait.

Les travaux, publiés dans la revue «Antimicrobial Agents and Chemotherapy», ont montré que des traces d'antibiotiques, par exemple dans les émissaires d'eaux usées, suffisent à conserver la résistance des bactéries aux antibiotiques. Les concentrations nécessaires sont bien plus faibles qu'on ne le pensait, ce qui est inquiétant et explique pourquoi la résistance aux antibiotiques est tellement persistante dans la nature. Les antibiotiques sont absolument essentiels en médecine moderne, mais leur usage généralisé et surtout leur abus ont conduit à l'évolution de souches de microbes résistant à la plupart des antibiotiques couramment utilisés. Cette résistance aux antibiotiques est devenue une menace majeure pour la santé mondiale, et les bactéries multi-résistantes sont désormais présentes à l'échelle mondiale. Les politiques de l'UE en matière de santé favorisent donc de plus en plus la recherche de méthodes innovantes pour combattre cette résistance. L'importance des gènes de résistance aux antibiotiques Les travaux entrepris à l'University of York au Royaume-Uni, dans le cadre du projet COEVOCON, ont montré comment les gènes de résistance aux antibiotiques sont une cause majeure de résistance clinique. Ils ont notamment classé les mécanismes de résistance comme «égoïstes» ou «coopérants». Dans le premier cas, la résistance au médicament ne bénéficie qu'à la cellule disposant de cette résistance. Dans le second, la résistance bénéficie à la cellule qui en dispose mais aussi à ses voisines, même si elles ne sont pas résistantes. Les chercheurs de COEVOCON ont analysé le plasmide RK2 d'Echerichia coli, une bactérie qui peut causer des diarrhées infectieuses. Le plasmide RK2 code une résistance coopérante à l'ampicilline, ainsi qu'une résistance égoïste à la tétracycline. Les chercheurs ont constaté que la résistance égoïste est sélectionnée pour des concentrations de l'antibiotique environ 100 fois plus faibles que prévu. Ces concentrations se rencontrent dans les émissaires d'égouts pollués par des antibiotiques (même faiblement). «Pour une bactérie, la méthode la plus courante d'acquérir la résistance aux antibiotiques est le transfert horizontal de gènes», commente le Dr Jamie Wood, l'un des chercheurs du projet à York. «Les plasmides, de petites chaînes d'ADN, contiennent le gène de résistance et peuvent 'sauter' d'une bactérie à une autre. Pire encore, les plasmides confèrent souvent plus qu'une seule résistance.» Michael Bottery, étudiant en doctorat, participe activement aux travaux: «Nous sommes en présence d'un vaste réservoir de résistance aux antibiotiques, dans lequel les bactéries peuvent piocher à loisir. Nous avons découvert que certaines de ces résistances peuvent s'installer à des concentrations d'antibiotiques bien plus faibles qu'on ne le pensait.» Les limitations de l'étude et la nécessité de davantage de recherches Les chercheurs soulignent cependant les limitations de leurs travaux. La première est qu'il peut y avoir d'autres facteurs que la socialité pour expliquer les différences dans les types de réactions aux antibiotiques. Par exemple, l'ampicilline est un bactéricide alors que la tétracycline est un bactériostatique. Ensuite, les chercheurs ont utilisé des exemples types de résistance coopérante ou égoïste, il faut donc conduire plus d'études pour estimer l'importance de la socialité sur la sélection d'autres mécanismes de résistance. Le projet COEVOCON a commencé ses travaux en janvier 2013 et s'achèvera en janvier 2018. Il a reçu environ 1 230 000 euros de la part de l'UE. Pour plus d'informations, veuillez consulter: page du projet sur CORDIS

Pays

Royaume-Uni

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