Skip to main content
Aller à la page d’accueil de la Commission européenne (s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)
français français
CORDIS - Résultats de la recherche de l’UE
CORDIS

Article Category

Contenu archivé le 2022-12-07

Article available in the following languages:

De l'argent bien placé - Le Commissaire européen à la recherche remercie les chercheurs de Biomed II

Bienvenue dans le XXIe siècle. Voici les prévisions: plus d'un demi milliard de personnes développeront un diabète au cours de leur vie, une personne sur trois développera un cancer; le virus du SIDA ne va pas tarder à faire des ravages en Europe de l'Est à un rythme que les s...

Bienvenue dans le XXIe siècle. Voici les prévisions: plus d'un demi milliard de personnes développeront un diabète au cours de leur vie, une personne sur trois développera un cancer; le virus du SIDA ne va pas tarder à faire des ravages en Europe de l'Est à un rythme que les spécialistes qualifient "d'alarmant"; et 55 pour cent des citoyens de l'UE décéderont d'affections provoquées par leurs artères bouchées. Ces chiffres sont parfaitement déprimants. Cela n'a pas empêché les chercheurs européens d'être optimistes lorsqu'ils se sont réunis début janvier à Bruxelles pour échanger leur expérience et expliquer aux responsables de la Commission européenne comment ils travaillent avec succès à la compréhension et à la prévention des assauts des maladies les plus répandues en Europe. La direction générale de la recherche de la Commission européenne avait organisé cet événement pour présenter les résultats positifs d'un certain nombre de projets qu'elle avait financés dans le cadre de son programme Biomed II et remercier les chercheurs travaillant dans ce domaine de leurs efforts permanents de lutte contre ces maladies dans l'Union européenne. En présentant quatre projets réussis financés dans le cadre de Biomed II, dont les récentes avancées ont des implications majeures pour la lutte contre le cancer, les maladies cardiovasculaires, le diabète et le SIDA, le Commissaire européen à la recherche, M. Philippe Busquin, a souligné l'importance, pour les citoyens européens, des travaux réalisés par les scientifiques: "Les citoyens européens comptent sur l'aide des scientifiques, a-t-il déclaré. Plus que jamais, les scientifiques doivent penser aux citoyens, parce que ceux-ci attendent davantage d'eux. Je suis très heureux de constater que de nombreux scientifiques agissent ainsi et je voudrais remercier les chercheurs européens qui travaillent d'arrache-pied pour essayer de trouver une solution aux préoccupations des citoyens". Soulignant l'importance de la collaboration en matière de programmes de recherche de l'UE, il a ajouté que la recherche menée dans l'intérêt des Européens devait être du ressort de la politique européenne. Le dernier programme de recherche médicale et biomédicale de la Commission européenne, connu sous le nom de Biomed II, mis en oeuvre entre 1994 et 1998, marque 20 années d'efforts soutenus de la Commission européenne dans ce domaine. Le premier programme de recherche biomédicale de la Commission a débuté en 1978 avec trois projets seulement et un budget d'1 million d'écus. Au cours des dix dernières années, ce chiffre a augmenté spectaculairement, Biomed II seul ayant reçu un total de 3 550 propositions multinationales de projet entre 1994 et 1998. Le programme couvre un large éventail de domaines de recherche: de l'ingénierie pharmaceutique à l'ingénierie biomédicale, en passant par la recherche sur le cerveau, les affections majeures (cancer, maladies cardiovasculaires, infectieuses, liées au vieillissement et maladies rares), la médecine du travail et les rapports santé - environnement, le génome humain, la santé publique et l'éthique biomédicale. La Commission a annoncé récemment que le programme Biomed II a donné des résultats particulièrement positifs en matière de promotion de la recherche européenne visant à comprendre les mécanismes à l'origine des maladies et de leur progression et à évaluer les thérapies. Les scientifiques qui ont présenté les résultats de leurs recherches à Bruxelles le 7 janvier ont corroboré cette déclaration. Le Dr Jens Lundgren, de l'hôpital universitaire de Huidovre (Danemark), a ainsi souligné l'utilité de la recherche transfrontalière conjointe pour l'étude de l'efficacité des thérapies appliquées au SIDA: "Pour réaliser une étude clinique du virus HIV en Europe, il est indispensable de se baser sur un grand nombre de cas de patients européens, de manière à pouvoir contrôler tous les indices pertinents. Il est vital de collecter des échantillons sanguins, par exemple, notamment pour détecter le développement de souches résistantes", a-t-il expliqué. Le projet de son équipe, appelé "EuroSIDA", représente la plus importante étude internationale jamais réalisée au monde sur les malades du SIDA. Un vaste réseau de chercheurs de 60 cliniques de 20 pays, y compris de plusieurs pays d'Europe de l'Est, ont analysé des données concernant 150 000 patients. Le projet avait bénéficié à l'origine d'un financement dans le cadre du programme Biomed I en 1984, et il est financé au titre de Biomed II depuis 1997. Le budget du consortium du Dr Lundgren sera épuisé en mai prochain et il est donc à nouveau candidat à une aide de l'UE au titre du cinquième programme-cadre. "Nous avons observé une amélioration spectaculaire du pronostic des patients au cours des trois dernières années. Mais, simultanément, de nouveaux modèles de maladies chez certains patients, une résistance aux divers traitements anti-HIV et d'éventuels effets toxiques de ceux-ci représentent des sujets de préoccupation qui exigent que l'on poursuive le contrôle permanent de la maladie au cours du prochain millénaire, souligne le Dr Lundgren. Cette étude aurait été impossible sans l'aide financière de l'UE au titre des programmes Biomed I et II, poursuit-il. EuroSIDA a également bénéficié du soutien des laboratoires Glaxo Wellcome, Pharmacia et UpJohn, Merck, Sharp et Dome". Biomed II a également soutenu des projets de recherche sur les mécanismes du diabète, orientés vers l'élaboration d'une thérapie génique. Selon le Dr Philippe Froguel, de l'Institut Pasteur de Lille (France), "le problème le plus important en matière de diabète, c'est que nous ignorons ce qui provoque la maladie et que nous ne la comprenons pas." Outre l'étude du diabète, son équipe avait également pour objectif de créer des outils permettant de mieux comprendre la maladie. Elle avait donc besoin de développer des bases de données communes et d'améliorer les analyses statistiques applicables aux caractéristiques génétiques complexes, et de définir des normes de qualité pour les études génétiques. L'équipe a collationné et analysé des données provenant de différents pays européens. "L'étape finale a consisté à proposer à nos homologues américains la création d'un consortium international pour l'étude génétique du diabète qui a abouti à l'identification de l'emplacement d'un gène fondamental du diabète sur le chromosome 20, confirmant ainsi ce que de précédentes études européennes avaient suggéré. Il s'agit probablement de la découverte la plus importante dans le domaine du diabète depuis 20 ans, dit le Dr Froguel. Ce projet a prouvé que l'Europe est capable de montrer la voie", a-t-il ajouté. Ces travaux suscitent désormais un intérêt grandissant de la part de l'industrie pharmaceutique européenne et, en décembre 1999, l'équipe a obtenu un nouveau financement au titre du 5e PCRD qui lui permettra de poursuivre ses travaux. Le Professeur John Martin, de l'unité de recherche de génétique du University College de Londres, a également vanté les mérites de la collaboration entre chercheurs européens. Ses travaux n'ont été possibles que grâce à la réunion des compétences de chercheurs du Royaume-Uni, de Finlande, d'Allemagne et d'Italie. "Ensemble, nous avons découvert un nouveau traitement pour les maladies cardiovasculaires", a-t-il annoncé avec fierté lors de la réunion de Bruxelles. L'athérosclérose - rétrécissement des artères du cour, du cerveau ou des jambes - est la plus importante cause de mortalité dans l'UE, dit le Professeur Martin. Elle provoque des crises cardiaques, des attaques cérébrales et des accidents cardiovasculaires périphériques. Grâce à l'aide financière de Biomed 2, l'équipe du Professeur Martin a découvert qu'un facteur spécifique de croissance, appelé facteur endothélial vasculaire de croissance (VGF), indispensable au foetus pour la croissance des vaisseaux sanguins, est également présent dans les artères des adultes, où il favorise la régénération des vaisseaux sanguins endommagés. "Cette découverte trouve des applications dans la prévention ou la réduction de l'athérosclérose, explique le Professeur Martin. Elle ne pouvait avoir lieu que grâce à la coopération d'une équipe européenne de chercheurs. Chaque membre de l'équipe a analysé un aspect du problème: les Britanniques étaient responsables des travaux de biologie cellulaire et de la coordination, la recherche clinique et la thérapie génique ont été réalisées en Finlande; la pharmacologie animale en Italie et le développement plasmide en biologie cellulaire en Allemagne, explique-t-il. L'équipe du Professeur Martin a fait breveter les résultats de ses travaux et créé une petite société de biotechnologie, "Eurogene", pour exploiter ses recherches, après avoir réuni 1,5 millions de livres de capital-risque, 18 mois seulement après avoir obtenu une subvention européenne. "Le caractère paneuropéen de la société a suscité un grand intérêt - particulièrement de la part du Japon et des États-Unis, ajoute le Professeur Martin. Si les essais cliniques de nos traitements contre l'athérosclérose s'avèrent efficaces, ce sera un succès extrêmement rentable pour l'équipe. Évidemment, le risque est élevé. Au stade actuel, nous ne pouvons pas être certains de l'efficacité du traitement, mais il pourrait s'agir d'un marché de plusieurs milliards de dollars, explique le Professeur Martin. De toute façon, tous les bénéfices réalisés par la société seront réinvestis dans le financement des futures recherches des universités respectives des membres de l'équipe", conclut-il. Il est clair que le programme Biomed II a aidé les scientifiques européens à mieux comprendre les affections que beaucoup d'entre nous ne connaissent malheureusement que trop bien. D'autres projets Biomed II réussis ont été consacrés, entre autres, au cancer et à l'autisme et plusieurs centaines d'articles concernant les travaux financés au titre de Biomed II ont été publiés. La Commission européenne continue à attribuer des aides à la recherche dans le domaine des sciences du vivant, dans le cadre du programme thématique Qualité de la vie et gestion des ressources du vivant relevant de son 5e PCRD, par le biais des actions clés "Contrôle des maladies infectieuses"; "Environnement et santé"; et "Le vieillissement de la population", ainsi que dans le cadre des nombreuses activités génériques du programme, telles que la recherche sur les génomes et les maladies d'origine génétique, ou la neuroscience. Les résultats du premier appel à propositions en vue d'un financement au titre de ce programme sont disponibles dès maintenant.

Mon livret 0 0