La participation du public est essentielle à une bonne gouvernance scientifique, selon M. Busquin
Lors d'une conférence intitulée"Les sciences de la vie dans la société d'aujourd'hui : biologie moderne et visions de l'humanité", le commissaire européen en charge de la recherche, Philippe Busquin, a mis l'accent sur la nécessité de promouvoir la culture scientifique et la participation du public afin de parvenir à une bonne gouvernance scientifique. La conférence, qui a eu lieu les 22 et 23 mars derniers et a été organisée par le Groupe européen des sciences de la vie (GESV), a réuni des scientifiques et des représentants du monde des arts, des lettres et de la politique en vue de débattre de l'incidence croissante des sciences de la vie sur la culture et la société européennes. "Cette conférence est unique dans la mesure où c'est la première fois que la Commission européenne organise un rassemblement entre des cercles qui ont très rarement l'occasion de se rencontrer", a déclaré M. Busquin dans son discours d'ouverture."L'objectif consiste à tenir un débat public sur le rôle et l'impact des sciences de la vie et des biotechnologies sur la société et la culture en général." Grâce à la biologie moléculaire et à la physique contemporaine, la société comprend désormais mieux la nature de la vie et du cosmos, a expliqué M. Busquin. Ces connaissances scientifiques ont néanmoins soulevé de nombreuses questions et craintes et suscité des dilemmes moraux et sociaux. Les conséquences de certaines percées, comme le décodage du génome humain, sont considérables et ont soulevé un certain nombre de questions. Le grand public s'inquiète parfois que des découvertes biologiques puissent être exploitées à mauvais escient et se demande si la recherche doit être soumise ou non à un contrôle démocratique. "Les sciences de la vie ont bouleversé le savoir et le pouvoir, a affirmé M. Busquin. Elles ont mis dans les mains de l'homme des procédés qui tiennent de la nature une précision surprenante et une efficacité inquiétante. Dans le même temps, l'apprivoisement des mécanismes secrets de la vie met nos principes et nos valeurs à l'épreuve." Il faut rassurer le public et lui rappeler le potentiel considérable que recèlent ces évolutions pour les connaissances scientifiques, les progrès de la médecine, les perspectives du secteur pharmaceutique et également la croissance économique, a expliqué le commissaire. "Cet événement contribuera à sa façon à un mouvement général et nécessaire, a insisté M. Busquin, qui vise à réintégrer la science à la culture, à laquelle elle appartient." L'exercice n'est pas purement académique, a poursuivi le commissaire. Il apparaît clairement qu'en Europe, les décideurs politiques sont conscients de l'importance sociétale de la recherche sous toutes ses formes, qu'elle soit privée, publique ou fondamentale. M. Busquin a cité en exemple les récentes discussions sur une nouvelle initiative visant à financer la recherche fondamentale au niveau européen. Plusieurs ministres ont insisté sur la prise en considération des sciences sociales et humaines dans cette optique. M. Busquin a conclu son discours en insistant sur l'importance de la culture scientifique."Par culture scientifique, j'entends plus que de simples connaissances. J'entends le débat, les interactions, les échanges, voire les critiques", a-t-il déclaré. "La science a été le principal ressort du développement européen. Elle l'est toujours. Elle est également au cour de l'intégration européenne. Promouvoir la culture scientifique, c'est participer au développement de la citoyenneté européenne. Promouvoir la culture scientifique, cela fait partie d'une bonne hygiène démocratique. Il est indispensable de permettre au public de comprendre et d'orienter les progrès réalisés. C'est pourquoi j'espère que ce type d'initiative sera répété dans d'autres secteurs scientifiques et techniques connaissant une évolution rapide, notamment les nanotechnologies et les technologies de l'information."
Pays
Italie