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Les eaux chaudes peuvent provoquer des malformations chez les poissons d'élevage

Des scientifiques de l'UE ont découvert que des températures plus élevées que 16°C pouvaient provoquer des malformations du squelette des jeunes saumons (ou tacons). Ces résultats sont le fruit du FINE FISH («Reduction of malformations in farmed fish species»), qui a reçu un f...

Des scientifiques de l'UE ont découvert que des températures plus élevées que 16°C pouvaient provoquer des malformations du squelette des jeunes saumons (ou tacons). Ces résultats sont le fruit du FINE FISH («Reduction of malformations in farmed fish species»), qui a reçu un financement de 3,02 millions d'euros dans le cadre de l'activité transversale consacrée aux PME (petites et moyennes entreprises) du sixième programme-cadre (6e PC). Les résultats de l'étude ont été publiés dans la revue scientifique BMC (BioMed Central) Physiology. Les troubles du rachis, qui se développent relativement fréquemment chez les poissons d'élevage intensif, sont un problème grave de santé et de reproduction pour le secteur de l'aquaculture. Malheureusement, nous manquons cruellement d'informations quant aux mécanismes moléculaires sous-jacents impliqués dans les malformations osseuses chez les poissons et autres animaux d'élevage, ce qui empêche de résoudre le problème. L'équipe de quatre scientifiques du Chili et de Norvège participant à l'étude souhaitait approfondir ces connaissances en étudiant le métabolisme osseux et la pathogenèse des fusions vertébrales chez le saumon atlantique (Salmo salar). Les chercheurs ont élevé 400 tacons dans de l'eau à 10°C, et autant dans de l'eau à 16°C. Les éleveurs de saumons utilisent souvent de l'eau chaude pour augmenter la vitesse de croissance des poissons, et les deux réservoirs de températures différents ont été étudiés pendant une période de manière à documenter toute différence résultant des températures. En effet, l'étude a montré que la production des os et du cartilage était perturbée lorsque les températures étaient élevées, ce qui a résulté en une augmentation de malformations pour le groupe de poissons élevés dans l'eau de 16°C. Ce groupe de poissons a effectivement grandi plus vite, mais plus d'un quart (28%) présentait des signes de malformations squelettiques (en comparaison des 8% de poissons élevés dans de l'eau à 10°C). Le co-auteur de l'étude, Dr Harald Tackle de l'université norvégienne des sciences de la vie en Norvège et d'AVS au Chili, expliquait que les résultats «montrent clairement que la croissance rapide induite par la chaleur affecte énormément la transcription génétique dans les ostéoblastes et les chondrocytes, entraînant ainsi un changement de structure et de composition au niveau des tissus.» Les chercheurs ont mené d'autres études, spécifiquement sur le saumon présentant des anomalies vertébrales, et ont découvert que le processus de malformation impliquait une régulation moléculaire et des changements cellulaires similaires à ceux à la base des dégénérations de disques intervertébraux chez les mammifères. Les résultats apportent un corpus conséquent de travaux produit dans le cadre du projet FINE FISH. Le projet a généré de nouvelles connaissances pratiques visant à réduire l'incidence des malformations chez la plupart des poissons de l'aquaculture européenne, et comment les appliquer au secteur professionnel, principalement composé de PME. Onze des vingt partenaires participant à FINE FISH étaient des PME. M. Courtney Hough de la Fédération européenne des producteurs aquacoles (FEPA), partenaire au niveau de la coordination de FINE FISH, expliquait que la direction des recherche, la présentation des résultats et les essais sur le terrain avaient été possibles grâce aux contributions et au désir d'implication des PME. En réalité, l'impulsion à l'origine du projet FINE FISH provient d'un atelier d'écloseries, où les participants (des PME) ont eux-mêmes demandé la réalisation d'un tel projet. «L'intérêt apporté à l'application des résultats d'une manière pratique au secteur de PME spécialisées dans les écloseries était extrêmement important pour la FEPA, qui souhaitait principalement obtenir des recommandations claires pour l'amélioration des performances du secteur européen des écloseries de poissons», déclarait M. Hough à Research Headlines. Ainsi, plusieurs outils sont disponibles sur le site web du projet, dont les manuels de diagnostic FINE FISH pour les espèces individuelles (la perche et la brème, le cabillaud, la truite et le saumon) et le matériel utilisé dans la série de formations. M. Hough faisait remarquer que le manuel, intitulé «Control of Malformations in Fish Aquaculture: Science and Practice», était l'un des principaux produits développés dans le cadre du projet. Un autre résultat important était la création de nouveaux partenariats professionnels entre les PME et le secteur de la recherche, dont plusieurs ont entrepris d'explorer de nouveaux défis. «L'un des messages de ce projet est que la recherche collective authentique nécessite le développement de liens solides entre le secteur de la recherche et les PME participantes», ajoutait M. Hough. «Ceci sous-entend une participation et un engagement actifs dans de tels projets ainsi qu'une compréhension de leurs limites.» D'après la FEPA, 650 000 tonnes de poissons sont élevées dans l'UE chaque année (60 000 tonnes en 1970). En Europe, la production totale s'élève à plus de 1,6 million de tonnes. La Norvège contribue énormément au secteur de l'aquaculture européen, avec plus de 860 000 tonnes de saumon et de truites par an. Les écloseries produisent des oeufs fertilisés, les larves, les fretins et les poissons juvéniles qui représentent des éléments de base très précieux pour la majorité des aquaculteurs européens.

Pays

Norvège

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