Skip to main content

Article Category

Actualités

Article available in the folowing languages:

Une reconstruction génomique permet d'élucider le mystère de la Peste noire

Des scientifiques du Canada, d'Allemagne et des États-Unis sont parvenus à reconstruire le génome primitif de Yersinia pestis, la bactérie responsable de la Peste noire, l'épidémie dévastatrice qui a connu son paroxysme en Europe vers la moitié de XIVème siècle. Présenté dans ...

Des scientifiques du Canada, d'Allemagne et des États-Unis sont parvenus à reconstruire le génome primitif de Yersinia pestis, la bactérie responsable de la Peste noire, l'épidémie dévastatrice qui a connu son paroxysme en Europe vers la moitié de XIVème siècle. Présenté dans la revue Nature, les résultats de cette étude révolutionnaire permettraient de jeter une nouvelle lumière sur les mécanismes d'évolution et d'adaptation pathogéniques pour les infections émergentes et récurrentes. Les chercheurs pourraient utiliser ces informations pour améliorer leurs connaissances sur les maladies infectieuses. Menée par l'université de Tubingue en Allemagne et la McMaster University au Canada, l'étude est la première à dresser la reconstruction du génome d'un ancien pathogène. L'équipe scientifique comprenait des experts de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutive en Allemagne et de l'université de Caroline du Sud aux États-Unis. Les chercheurs ont présenté une nouvelle approche méthodologique pour prélever de minuscules fragments d'ADN (acide désoxyribonucléique) de l'agent responsable de la maladie. Une fois qu'ils ont pu démontrer comment une variante spécifique de Yersenia pestis était à l'origine de la peste qui a entraîné la mort de 50 millions d'Européens entre 1347 et 1351, l'équipe a pu se concentrer sur la «capture» et sur le séquençage du génome entier. «Les données montrent que cette souche bactérienne, ou variante, est l'ancêtre de toutes les pestes modernes présentes dans notre monde actuellement», explique le professeur Hendrik Poinar, un généticien de la McMaster University et l'un des auteurs de l'étude. «Chaque éruption de la maladie dans le monde entier provient d'un descendant de la peste médiévale. Grâce à une meilleure compréhension de l'évolution de ce pathogène mortel, nous entrons dans une nouvelle ère de la recherche en maladies infectieuses.» L'auteur principal de l'institut de sciences archéologiques et du département de génétique humaine de l'université de Tubingue, Johannes Krause, expose son point de vue sur les résultats de l'étude: «En utilisant la même méthodologie, il nous a été possible d'étudier les génomes de toutes sortes de pathogènes historiques. Ainsi, nous avons obtenu des informations directes sur l'évolution des pathogènes humains et des épidémies historiques.» Les chercheurs expliquent que les descendants directs de la même peste bubonique sont toujours présents aujourd'hui et sont responsables de la mort de près de 2000 personnes chaque année. «Nous avons découvert qu'en 660 ans d'évolution en tant que pathogène humain, peu de changements sont survenus dans le génome de l'organisme primitif, mais ces changements, bien qu'infimes, ont le potentiel d'être responsables de la virulence accrue de la bactérie qui a ravagé l'Europe», commente le professeur Poinar. «La prochaine étape reste à déterminer la raison d'une telle mortalité.» Grâce aux techniques sophistiquées de la récupération et du séquençage d'ADN, les scientifiques ont pu étendre la portée de l'analyse génétique à d'autres spécimens anciens. Des membres de l'équipe ont ainsi pu évaluer les restes des victimes enterrées dans les fosses d'East Smithfield, à Londres, au Royaume-Uni, à proximité du Royal Mint, l'agence exécutive en charge de la frappe de la monnaie anglaise. Les chercheurs ont extrait, purifié et enrichi de manière spécifique l'ADN du pathogène. Ils ont ainsi pu éliminer toute contamination humaine, fongique ou autre pour se concentrer sur l'ADN du pathogène. Des entités canadiennes et allemandes ont soutenu cette étude.Pour de plus amples informations, consulter: Revue Nature : http://www.nature.com/ Université de Tübingen: http://www.uni-tuebingen.de/en/landingpage.html McMaster University: http://www.mcmaster.ca/

Pays

Canada, Allemagne, États-Unis

Articles connexes