La Commission veut encourager la recherche dans cinq domaines-clés
La Commission a présenté une proposition de Décision du Conseil et du Parlement européen visant à stimuler la recherche et le développement technologique dans cinq domaines qu'elle considère comme prioritaires pour la compétitivité de l'Union européenne. Cette proposition demande que le financement des programmes-cadres de l'Union (Communauté et Euratom) soit réexaminé à la lumière des domaines prioritaires identifiés: - l'aéronautique - la voiture propre - les logiciels éducatifs multimédia - les transports multimodaux - les technologies respectueuses de l'environnement. La Commission est de l'avis que ces domaines ont un fort potentiel de création d'emplois et que, comme les technologies connexes bénéficient à de nombreux secteurs de l'économie et à de nombreuses régions européennes, ils exigent un effort particulier et urgent. Cette proposition a été présentée par Edith Cresson, Commissaire en charge de la recherche, Martin Bangemann, Commissaire en charge des affaires industrielles et des technologies de l'information et Neil Kinnock, Commissaire en charge des transports. Si elle est adoptée, les Task Forces mises sur pied par la Commission dans ces domaines recevront une augmentation de leur financement. La Décision du Conseil adoptant le quatrième programme-cadre prévoit d'augmenter le budget alloué au programme au milieu de l'année 1996. A la lumière de cette stipulation, la Commission propose une augmentation du budget de l'ordre de 700 millions d'ECU, qui seront répartis entre les différents domaines mentionnés ci-dessus. En ce qui concerne l'aéronautique, les progrès prévisibles dans ce domaine justifient un effort spécial. Le trafic aérien doit doubler au cours des 15 années à venir et le marché potentiel est estimé à plus de 17 000 nouveaux avions, ce qui représente un investissement de 1000 milliards d'ECU. Les 7 000 entreprises directement impliquées dans l'aéronautique (dont seulement 40 "grandes" entreprises) emploient environ 400 000 personnes. Pour réussir, les industries doivent pouvoir produire des avions performants, sans danger, et respectueux de l'environnement. Le travail de recherche mené sur les logiciels éducatifs multimédias portera sur la coordination des programmes communautaires et de leur complémentarité avec les initiatives nationales. Cette coordination couvrira en particulier les programmes spécifiques "Applications télématiques" et "Technologie de l'information". Elle s'étendra aussi aux programmes autres que des programmes de recherche, couvrant les multimédias (comme MEDIA II et INFO 2000), ou l'éducation et la formation (comme SOCRATES et LEONARDO DA VINCI). Les écoles européennes, qui sont au nombre de 350 000 et regroupent 67 millions d'élèves et 4,5 millions d'enseignants, représentent le débouché principal des multimédias éducatifs. La voiture de demain sera surtout une voiture plus propre, consommant moins de carburant. Il faut dont mettre au point rapidement des véhicules à taux d'émission zéro ou ultra faible. Les enjeux pour l'emploi sont importants, car ils concernent des milliers d'équipementiers et de sous-traitants, répartis dans toute l'Union, dont un grand nombre de petites et moyennes entreprises. Des efforts particuliers seront faits pour améliorer la coordination au sein du quatrième programme-cadre ainsi qu'avec les autres programmes nationaux et les programmes EUREKA. En ce qui concerne le transport intermodal et interopérable, l'objectif est de surmonter les obstacles qui entravent le développement de l'intermodalité, qui se manifestent surtout dans les chemins de fer, grâce à des solutions technologiques appropriées, y compris les télématiques. Les transports et les industries connexes emploient huit millions de personnes et représentent 7% du PIB de l'Union. L'Europe perd environ 120 milliards d'ECU par an à cause de la congestion des transports. Enfin, la Commission a identifié deux priorités dans le domaine de l'environnement: les technologies hydrauliques respectueuses de l'environnement et la sécurité nucléaire. Dans le premier domaine, il est nécessaire de mettre au point des techniques permettant d'améliorer la maîtrise des ressources hydrauliques, menacées par les activités humaines (urbanisation, CO2 et pollutions industrielle et agricole). En ce qui concerne la sécurité nucléaire, un effort accru apparaît particulièrement urgent, surtout en Europe orientale et dans les pays de la CEI. Le travail de recherche doit se concentrer en priorité sur les solutions innovantes permettant un très haut niveau de sécurité, la sécurité des réacteurs en service, les techniques de déclassement des installations, le traitement des déchets, les incidences sur l'homme et sur l'environnement et la maîtrise des nuisances provenant des catastrophes passées. Une coordination avec les programmes d'aide aux PECO et aux pays de la CEI mis en oeuvre par l'Union sera assurée.