Mieux securiser la transmission d'informations
Objectif de SmartQuantum : proposer courant 2006 une solution permettant de mieux sécuriser la transmission de l'information, en particulier quand elle emprunte des supports optiques. Dès 2005, un démonstrateur utilisant une technologie de cryptographie quantique développée par un laboratoire du CNRS devrait permettre de valider le concept de cette solution., ,A 37 ans, Frédéric Costé possède une solide expérience dans le domaine des télécommunications. Après des études commencées à l'Université de Caen, puis une maîtrise et un DEA de physique nucléaire réalisés en Espagne, dans le cadre de la formation Erasmus, il s'oriente vers les télécommunications et intègre une filiale de France Télécom afin d'y obtenir un Master. En 1997, il entre chez Newbridge Networks, un équipementier canadien alors leader sur le marché ATM. Basé à Paris, Frédéric Costé a pour tâche de former les clients aux solutions proposées. En 2000, il rejoint le pôle de gestion de projets à l'international. "Je m'occupais du déploiement de solutions haut débit ATM, plus particulièrement dans le sud de l'Europe". Quand Alcatel rachète cet équipementier, il intègre le département support aux projets. Mais le secteur des télécommunications traversant une crise, il doit négocier son départ en septembre 2002 avec la ferme intention de créer son entreprise. "L'idée mûrissait depuis un certain temps", précise-t-il. Par conséquent, il décide de suivre une formation et de passer un master spécialisé en ingénierie des médias numériques. Cette formation l'intéresse d'autant plus qu'elle permet, durant une phase pratique d'une durée de six mois, de poser la première pierre d'une future entreprise au sein d'un incubateur. C'est ainsi qu'en mars 2003 naît le projet SmartQuantum. Objectif : développer une solution utilisant la cryptographie quantique afin de permettre une meilleure sécurisation des informations circulant sur des supports optiques. Une start-up installée dans deux régions Séduits par ce projet, Nicolas Pelloquin et Frédéric Fabre ne tardent pas à le rejoindre. Tous deux sont ingénieurs diplômés de l'ENSSAT de Lannion et ont débuté leur carrière chez Alcatel, le premier en tant que formateur, le second au sein de la Direction des réalisations internationales. Par la suite, ils ont intégré Algéty, la start-up bretonne spécialisée dans le domaine des transmissions haut débit sur fibres optiques DWDM rachetée par Corvis, une entreprise américaine. Nicolas Pelloquin et Frédéric Fabre quittent cette entreprise lorsque celle-ci décide de cesser ses activités en Europe. Directeur Général délégué, Nicolas Pelloquin s'occupe plus particulièrement de la R&D au sein de SmartQuantum. Pour sa part, Frédéric Fabre, également Directeur Général délégué, est chargé de la stratégie et de développement de l'entreprise ainsi que de la gestion financière. Deux autres personnes sont associées à ce projet mais travaillent encore à l'extérieur. "Aujourd'hui, nous formons un noyau solide constitué de compétences complémentaires. C'est sans doute notre principal atout", déclare Frédéric Costé, le seul bas-normand au sein de cette jeune entreprise basée à Lannion, en Bretagne, mais incubée à Caen, au sein de Normandie Incubation. Un bel exemple des coopérations qu'il est possible de développer entre ces deux régions et auxquelles tiennent tout particulièrement les présidents des deux conseils régionaux. "Nous avons trouvé en la personne de Laurent Protin, qui dirige Normandie Incubation, une écoute toujours très attentive. L'algorithmie, la cryptographie et la monétique sont des domaines essentiels pour SmartQuantum. C'est pourquoi nous avons souhaité nous implanter à Caen. En revanche, les télécommunications représentent le coeur de notre métier. Or Lannion est l'un des pôles les plus importants dans ce domaine en France. Nous y sommes accompagnés par Gaëlle Le Mer de l'Adit (Agence de développement industriel du Trégor) de la technopole Anticipa", résume le Président de SmartQuantum. Aujourd'hui, la majorité de l'équipe est donc installée à Lannion, Frédéric Costé étant basée dans l'incubateur de Caen suivant avec intérêt les développements du futur campus Philips. Visiblement, la région bas-normande semble très intéressée par cette petite start-up à cheval sur deux régions. "D'ores et déjà nous avons tissé des liens avec plusieurs entreprises caennaises, notamment Com2gether qui nous apporte une aide solide dans le domaine de l'électronique". Un démonstrateur en 2005 avant la commercialisation courant 2006 Pour cette start-up installée dans l'incubateur bas-normand depuis avril 2004 et créée officiellement le 21 octobre dernier, la prochaine étape est attendue dans les premiers mois de l'année 2005. Il s'agira alors de présenter un démonstrateur permettant de valider le concept du produit que cette entreprise souhaite industrialiser courant 2006. Entre temps, l'entreprise devra procéder à un tour de table financier, celle-ci ne fonctionnant aujourd'hui que sur ses fonds propres. "Nous avons obtenu des prêts d'honneur et gagné des prix lors de différents concours. Par ailleurs, l'ANVAR nous apporte son aide, notamment dans le cadre de programmes d'aide à l'innovation utiles pour pouvoir financer les premiers développements", souligne-t-on chez SmartQuantum. Pour l'heure, cette dernière poursuit le développement de son produit en réalisant, en collaboration avec un cabinet international, une étude de marché indispensable pour valider les segments de marché visés. "Il s'agit d'affiner le produit afin de permettre son implémentation sur des infrastructures déjà existantes". SmartQuantum se positionne sur un marché où il existe déjà plusieurs concurrents, l'un américain, Magic Technologies, une entreprise de New York créée en 1999, l'autre suisse, Id Quantique, fondée par des chercheurs de l'Université de Genève en 2001. Par ailleurs, le groupe japonais NEC vient d'annoncer l'industrialisation, courant 2005, d'un émetteur et d'un récepteur de clés distribuées par le biais de la cryptographie quantique. "Les avantages de la technologie que nous utilisons nous permettent cependant de voir l'avenir de manière assez sereine, d'autant plus que le système que nous développons n'est pas figé mais devrait encore progresser. C'est la raison pour laquelle nous souhaitons que notre collaboration avec le CNRS se poursuive très longtemps", déclare Frédéric Costé., ,SmartQuantum - Frédéric Costé, Président Directeur Général ,Tél. + 33(0)2 96 05 41 72 ,http://www.smartquantum.com Source : ScienceTech Basse-Normandie #35,http://www.basse-normandie.net/lettre
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France