Skip to main content

Article Category

Actualités

Article available in the folowing languages:

La découverte génétique ouvre la voie pour de meilleures stratégies de conservation

Comprendre exactement comment ces animaux ont pu s'adapter au changement climatique pourrait avoir des implications pour des politiques de conservation à venir.

Déterminer comment les chevaux en Sibérie de l'Est ont pu s'adapter à des températures inférieures à 70 degrés en moins de 800 années pourrait nous permettre de mieux comprendre comment le changement climatique affecte les espèces dans le monde entier. Cela, à son tour, pourrait conduire au développement de programmes de conservation sur mesure, nécessaires pour la préservation des populations en danger. Ce programme a récemment été présenté pour préserver le cheval de Przewalski, le dernier cheval réellement sauvage sur Terre. Le projet à financement européen YAKUT s'est concentré sur le cheval iakoute, qui s'est admirablement adapté à la vie dans l'Arctique glacial. Le poil de ces chevaux est extrêmement dense et ils peuvent réguler leur métabolisme. Grâce à des outils de génomique de pointe et des méthodes avancées en matière de recherche de l'ADN primitif, l'équipe YAKUT a pu reconstituer l'histoire évolutionnaire de cette espèce, en remontant à la migration du peuple iakoute dans la région aux XIIIe-XVe siècles. Les Iakoutes sont donc directement liés aux chevaux apprivoisés retrouvés en Mongolie. Les résultats, publiés dans une édition récente des annales de l'académie nationale des sciences (PNAS), ont des implications importantes pour comprendre comment les espèces peuvent s'adapter aux conditions climatiques changeantes, et contribueront au développement de stratégies de gestion sensées pour préserver ce patrimoine génétique unique. L'équipe du projet a pu identifier les gènes responsables de ces adaptations, pour en conclure que l'adaptation des chevaux iakoutes à leur environnement a eu lieu grâce à une reprogrammation massive de l'expression génique, notamment par l'adaptation des fonctions biologiques, comme les réactions hormonales au froid et la production de composants contre le froid et le gel. Ces adaptations frappantes se sont opérées en moins de 800 ans, un des exemples les plus rapides de l'adaptation chez des mammifères. «Cela représente quelques centaines de générations pour les animaux», affirme le coordinateur du projet Dr. Ludovic Orlando de l'université de Copenhague. «Cet évènement montre à quel rythme l'évolution peut progresser lorsque des pressions sélectives pour survivre sont aussi fortes que dans l'environnement extrême iakoute.» Les résultats ont également permis d'éclaircir le mystère des origines du cheval iakoute, qui a suscité des conjectures pendant des années. Les enregistrements fossiles montrent que les chevaux ont été présents dans la région pendant 30 000 ans au moins et, depuis, le débat est de savoir si les chevaux iakoutes d'aujourd'hui sont des descendants directs de ces espèces désormais disparues. Grace à une analyse génétique attentive, l'équipe YAKUT a pu démontrer que ce n'est pas le cas. Les Iakoutes sont apparus en Mongolie en même temps que le peuple iakoute nomade. En effet, outre souligner l'importance de la génomique visant à comprendre l'impact du changement climatique et la conservation avancée, le projet a également permis d'éclairer le rôle des chevaux dans cette culture fascinante. Les chevaux ont toujours été essentiels à la survie et au développement du peuple iakoute, qui a développé une économie presque entièrement basée sur ces animaux. Tout au long de leur histoire, le peuple iakoute s'est reposé sur les chevaux pour le transport et la communication, alors que la viande et la peau de l'animal ont joué un rôle primordial pour la survie lors des hivers extrêmement froids. Le projet YAKUT devrait s'achever en mai 2017. Pour plus d'informations, veuillez consulter: site web du projet YAKUT

Pays

Danemark

Articles connexes