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Les vers intestinaux augmenteraient le risque d’allergies et d’asthme chez l’homme

Une course de vitesse est engagée pour expliquer l’augmentation de la prévalence des allergies et de l’asthme à travers le monde et parvenir à l’endiguer. Une étude récente a trouvé une piste dans une cause improbable... les vers intestinaux.

Santé

Il est bien connu que les enfants élevés à la ferme développent une réponse immunitaire aux allergies, dans la mesure où leur système immunitaire est renforcé par une exposition régulière aux micro-organismes. Inversement, les infections pathogènes qui surviennent à un stade précoce, notamment celles causées par le virus respiratoire syncytial (VRS), peuvent également entraîner le remodelage du système immunitaire pulmonaire, ce qui peut engendrer un risque accru d’allergies. Les recherches, auxquelles a participé le projet ALEC financé par l’UE, ont révélé récemment que les jeunes enfants ayant été infectés par une espèce particulière d’helminthes (vers intestinaux) transmis par les animaux, présentaient un risque quatre fois plus élevé de développer de l’asthme ou des allergies. Citée par l’Université de Bergen, la professeure Cecilie Svanes, l’une des chercheuses principales du projet, déclare: «Habituellement, nous estimons qu’un risque 50 % plus élevé constitue un risque élevé; nous constatons, en l’occurrence, un risque 400 % plus élevé.» Le puzzle intergénérationnel L’aspect le plus surprenant des résultats de l’étude est sans doute le fait que l’effet marqué sur l’asthme et les allergies chez les porteurs d’helminthes (espèces Toxocara et Ascaris) se manifeste plus chez les jeunes générations, alors qu’il n’est pas le même chez leurs parents. C’est un point que les chercheurs n’arrivent pas à expliquer, mais qui, supposent-ils, sera la clé qui permettra de résoudre l’énigme de l’augmentation des allergies dans le monde au cours des dernières décennies. Dans leur article paru dans la revue «Clinical & Experimental Allergy», les chercheurs ont expliqué comment ils ont travaillé sur des ensembles de données issus de deux cohortes en Norvège: 171 parents nés entre 1945 et 1972 et leurs 264 enfants, nés entre 1969 et 2003. Les chercheurs ont enregistré la prévalence des allergies par le biais d’entretiens et d’examens cliniques, notamment des tests sanguins d’allergie et des tests cutanés (prick-test) aux allergènes à l’immunoglobuline E (IgE) sérique. Ils ont trouvé des anticorps anti-Toxocara (associés aux animaux de compagnie, en particulier les chats) et anti-Ascaris (associés au bétail, en particulier aux porcs) chez respectivement 12 % et 18 % des participants à l’étude. Ils ont aussi découvert un degré d’exposition plus élevé chez la cohorte parentale plus âgée (participants nés entre 1945 et 1972) par rapport à la cohorte composée des enfants. Fait surprenant, une exposition paternelle au Toxocara accroît les risques d’allergies chez les filles, à l’instar de l’exposition maternelle chez les fils. En outre, le filtrage des données selon le critère de possession d’animaux de compagnie n’a eu aucune incidence sur les associations, ce qui indique que les résultats ne peuvent pas uniquement être expliqués par un environnement commun. L’essor des allergies à l’échelle mondiale Des recherches approfondies montrent que la prévalence de l’asthme et des allergies a connu une augmentation significative dans le monde au cours de ces dernières décennies. Les raisons de cet essor ne sont pas encore pleinement comprises, mais les chercheurs estiment qu’elles sont liées à l’environnement de plus en plus stérilisé dans lequel nous vivons. En effet, les personnes entrent plus souvent en contact avec des produits chimiques qu’avec des microbes, et c’est précisément l’interaction avec ces derniers qui permet de renforcer notre système immunitaire. S’y ajoute l’expansion concomitante de l’urbanisation, qui réduit les chances d’entrer en contact avec des renforçateurs immunitaires naturels. Le projet ALEC, financé par Horizon 2020 et dont les travaux de recherche ont contribué à cette étude, a été mis en place pour mieux comprendre les facteurs à l’origine d’une déficience de la fonction pulmonaire, d’une incapacité respiratoire et du développement d’une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). L’étude s’emploie à mettre au point un test prédictif grâce à l’examen de différents déterminants d’une fonction pulmonaire déficiente, tels que les facteurs comportementaux, environnementaux, professionnels, nutritionnels et génétiques (y compris épigénétiques). Le projet entend élaborer un outil en ligne pour une prédiction personnalisée des risques et le mettre gratuitement à la disposition des patients et des fournisseurs de soins de santé. Cet outil devrait permettre d’améliorer le traitement préventif. Pour plus d’informations, veuillez consulter: Site web du projet

Pays

Royaume-Uni

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