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L’EUBCE 2019 s’est posée la question suivante: quel rôle peut jouer la biomasse dans l’atteinte des objectifs climatiques et de développement durable?

La semaine dernière, Lisbonne, au Portugal, a accueilli la 27e Conférence et exposition européenne sur la biomasse (EUBCE). Cet événement phare a mis l’accent sur l’examen du potentiel que présente la biomasse pour atteindre les objectifs climatiques et de développement durable. CORDIS était fier d’y participer.

En novembre 2018, la Commission européenne a exposé sa vision pour parvenir à «une économie prospère, moderne, compétitive et neutre pour le climat d’ici 2050». La stratégie qui sous-tend cette vision souligne la nécessité de disposer d’un portefeuille de solutions technologiques soutenues par les efforts de recherche et d’investissement avec, en parallèle, la mise en place de politiques favorables et une responsabilisation croissante des citoyens. Cette vision est cohérente à la fois avec les objectifs de l’Accord de Paris de 2015 visant à maintenir la hausse des températures mondiales en deçà de la barre des deux degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels et avec les objectifs de développement durable, adoptés en 2015. La bioénergie produite à partir de la biomasse (comme, par exemple, les résidus agricoles ou les déchets organiques) apparait comme une solution stratégique pour assurer un futur neutre d’un point de vue climatique. L’EUBCE a proposé aux 1 500 délégués venus de presque 80 pays un forum unique offrant l’opportunité de partager connaissances et expertises et d’engager un dialogue sur le thème de cette année: «Le rôle que peut jouer la biomasse dans l’atteinte des objectifs des Accords de Paris et son soutien potentiel aux objectifs de développement durable.» La professeure Maria da Graça Carvalho, rattachée à la direction générale de la recherche et de l’innovation (DG RTD) de la Commission européenne, a présidé la conférence, et le Centre commun de recherche de la Commission européenne en a coordonné le programme technique. Nous ne disposons pas de suffisamment d’espace ici pour rendre justice au vaste éventail de contenu proposé, entre les présentations sur affiches, les ateliers, les plus de 43 exposants et les deux sessions plénières qui ont fourni un aperçu inédit des problématiques stratégiques étudiées au cours de ces quatre journées. Sur le chemin de la décarbonation Dans un contexte où, au cours d’une session plénière très attendue qui s’est tenue le 28 mai, la biomasse a été désignée championne toute catégorie en tant que ressource renouvelable présentant le plus de potentiel, les participants ont discuté des progrès technologiques dont devraient découler des systèmes énergétiques sans carbone. Ingwald Obernberger de chez Bios Bioenergiesysteme, société autrichienne, a donné le coup d’envoi de la conférence en soulignant l’ampleur des efforts mis en œuvre pour faire progresser la technologie de combustion de biomasse pour la production de bioénergie. Il a mis en évidence que la conversion de biomasse solide représente 70 % de la consommation de bioénergie de l’Union européenne et 6 % de sa consommation énergétique totale. L’une des avancées technologiques présentées qui permettraient de faire passer la production à l’échelle supérieure repose sur l’accroissement de la flexibilité des carburants utilisés, c’est-à-dire sur le recours à différents types de carburants, comme le bois et les résidus agricoles, dans une seule usine. Tout cela dans le but de s’approcher de l’objectif zéro émission et d’utiliser des mécanismes de récupération de chaleur pour améliorer l’efficacité des usines. Au cours de la séance, certains participants ont avancé qu’il était impératif de mettre en place des incitations claires et à long terme dans le secteur de la bioénergie aux fins de stimuler la recherche et les investissements, et de définir des politiques à l’échelle européenne. Un autre point soulevé est que, si l’UE entend respecter son engagement d’atteindre au moins 32 % d’énergie renouvelable d’ici 2030 (RED 2), la biomasse doit être considérée comme une solution venant en complément des autres sources renouvelables (l’hydrogène ayant été fréquemment cité). Une transition axée sur la biotechnologie Au cours de la session plénière du mercredi matin (29 mai), la parole a été donnée à l’industrie et des représentants de cette dernière ont partagé leurs conceptions quant à la possibilité d’atteindre les objectifs climatiques et de développement durable. Kees Kwant, rattaché à la Netherlands Enterprise Agency qui dépend du ministère de l’Économie et des Finances, a posé les bases en évoquant sombrement le fait que, pour atteindre l’objectif des deux degrés de l’Accord de Paris, la consommation de bioénergie doit être multipliée par quatre d’ici 2060. Il a souligné que bien qu’il existe une feuille de route pour la bioénergie, celle-ci n’a pas véritablement eu de suite en raison du manque de matières premières et de confiance du public. Concernant le rôle des marchés, il a émis quatre recommandations. Tout d’abord, remettre l’accent sur l’urgence. Deuxièmement, l’adoption de solutions durables qui incluent des éléments comme la création d’emplois et le développement rural. Troisièmement, l’adoption à l’échelle industrielle de solutions intégrées comme les bioraffineries qui valorisent les déchets. Enfin, les gouvernements doivent créer l’environnement opérationnel approprié. Dolf Gielen, directeur de l’IRENA Innovation and Technology Center à Bonn en Allemagne, a expliqué que le développement des bioénergies stagnait. Il a donné l’exemple des biocarburants dont l’adoption doit être multipliée par cinq pour atteindre les objectifs climatiques. Malgré cela, et après avoir connu un pic il y a une décennie, les investissements sont en baisse, ce que le secteur explique par les traditionnels obstacles liés à l’absence de cadre politique et au prix des matières premières. En ce qui concerne plus spécifiquement le carburant destiné aux véhicules aériens, il a été passionnant d’en apprendre plus sur la première installation de production de carburant durable d’Europe, établie aux Pays-Bas, et qui devrait être achevée d’ici 2022. Pour clore la séance, les participants ont insisté sur le fait que, bien que les nouvelles technologies comme les satellites contribuent aux efforts, ce n’est pas une seule technologie qui pourra changer le cours des choses. L’importance des politiques couvrant les problématiques connexes, comme l’utilisation des sols et la biodiversité, qui doivent être plus cohérentes, a également été abordée. Après une discussion sur les difficultés à s’entendre sur une unique voie à suivre, le dernier mot est revenu au coprésident, André Faaij, directeur scientifique chez ECN (partie de TNO), aux Pays-Bas, qui a déclaré que: «Si les politiques évoluent d’un cran, cela créera d’immenses opportunités pour l’ensemble du portefeuille de solutions qui reposent sur les biotechnologies... La communauté de la recherche, l’industrie et les entrepreneurs veulent tenter le coup.» Après la présentation de quelques faits percutants, les participants ont eu l’occasion d’approfondir l’exploration de ces «immenses opportunités» en découvrant tout un florilège de solutions pragmatiques et inspirantes présentées dans l’espace d’exposition de l’EUBCE. Pour plus d’informations, veuillez consulter: page de l’événement

Pays

Portugal