Le Canada demande des aménagements au protocole de Kyoto
Faute d'obtenir des concessions essentielles qui suscitent l'opposition de l'Union européenne, le Canada pourrait rejoindre les Etats-Unis dans leur rejet du protocole de Kyoto sur le changement climatique. Lors d'une rencontre des ministres de l'UE qui s'est tenue le 9 mai à Madrid, le Premier ministre canadien Jean Chrétien a indiqué qu'il était dans l'impossibilité de ratifier le traité "tant que certains éléments ne seraient pas éclaircis". Il s'agirait notamment de la demande canadienne d'octroi de crédits carbone en échange de l'exportation de gaz naturel et d'électricité hydraulique vers les Etats-Unis - un aménagement du protocole auquel s'oppose l'Union européenne. Le Canada estime que ces exportations éviteront l'utilisation de charbon dans les centrales des Etats-Unis et que comme la combustion du gaz produit moins de gaz carbonique que celle du charbon, la contribution des Etats-Unis au réchauffement planétaire serait réduite d'autant. Une porte-parole de la Commissaire européenne à l'Environnement, Margot Wallström, a dit que l'UE s'opposait à toute renégociation à ce stade. "Nous considérons la démarche comme extrêmement dangereuse", car "elle équivaudrait à revoir l'ensemble du protocole". Cette porte-parole a indiqué que l'UE appelait le Canada à signer le protocole dès que possible, ajoutant qu'il ne pourrait bénéficier des mécanismes d'échange prévus par le protocole qu'après une telle ratification. Elle a dit que l'UE avait "bon espoir" que le Canada ne s'allie pas aux Etats-Unis dans le refus du protocole de Kyoto, et quil serait en mesure de ratifier un accord qu'il avait aidé à négocier. Elle a ajouté que le Canada, avec la Russie et le Japon, représentait un pan crucial de l'objectif de ratification par 55 pays représentant 55 pour cent des émissions, qui est un préalable à l'entrée en vigueur du protocole.