Rapport d'évaluation du potentiel de l'EER dans le domaine des sciences sociales et humaines
Les responsables politiques de l'Espace européen de la recherche (EER) doivent éviter d'appliquer une approche "à taille unique" lors du lancement de passerelles entre les programmes de recherche nationaux et européens, surtout dans le domaine des sciences sociales et humaines, concluent les auteurs d'un récent document de travail de la Commission européenne. Le document portant sur la mise en oeuvre de l'EER dans le domaine des sciences sociales et humaines recense les manières selon lesquelles les politiques de recherche en sciences sociales et humaines sont conçues et mises en oeuvre, et examine quelles sont les priorités majeures de ces sciences qui pourraient servir de base aux efforts européens visant à lier entre eux les programmes nationaux. Les auteurs observent que, dans le passé, parvenir à une masse critique dans le domaine des sciences sociales et humaines au niveau de l'UE s'est avéré une tâche difficile, car ces sciences sont profondément intégrées aux infrastructures des Etats membres. "L'argument était que les phénomènes sociaux, économiques et politiques sont traditionnellement étudiés dans le contexte national, ce qui explique que l'échelle et le rythme du développement de la recherche collaborative et de l'infrastructure de soutien européennes ont continué à être à la traîne par rapport aux sciences naturelles", précisent les auteurs du document. Cependant, ils soulignent que, depuis le lancement des programmes-cadres européens, cet argument a été utilisé pour inviter la Commission à admettre la nécessité d'inclure les sciences sociales dans ses plans en faveur de la mobilité, et de développer des actions clés de recherche ciblées sur les options politiques possibles pour le développement économique, social et politique de l'Europe. Selon les auteurs du rapport, les autorités des Etats membres ont réagi positivement aux nouvelles opportunités de financement au niveau de l'UE et ont ajusté leurs systèmes nationaux de financement de manière à promouvoir la dimension européenne. Parallèlement, le financement par l'UE a conduit à la création de nombreux nouveaux réseaux et modes de collaboration entre instituts de recherche universitaires et non universitaires. Mais malgré ces progrès, afin de mettre sur pied un EER efficace dans ce domaine, les auteurs du document déclarent qu'il est important de reconnaître les impacts variables du financement de l'UE sur les programmes de recherche nationaux, ainsi que les différents types de systèmes nationaux de financement et de paysages institutionnels dans chaque pays. A cette fin, les auteurs identifient cinq types de systèmes nationaux de financement pour les sciences sociales et humaines et les classent en fonction de leur potentiel de "liaison et d'ouverture" dans l'EER. Outre ces catégories, le rapport définit également huit grappes de programmes de recherche ciblée offrant des possibilités considérables de synergie et de coordination entre Etats membres. Afin de mettre en évidence ces conclusions, les auteurs soulignent la nécessité d'un dialogue plus structuré entre représentants clés des communautés de recherche et les agences nationales de financement. Ils rappellent également aux responsables des politiques que la tâche la plus importante et la plus difficile qu'implique le développement de l'EER consiste à recruter et à engager des chercheurs de haut niveau issus des diverses communautés nationales de recherche.