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M. Deniozos passe en revue les temps forts et les temps faibles de la Présidence grecque de l'UE

Le 30 juin, la Présidence grecque de l'UE a mis un point final à son mandat de six mois, ayant rempli les objectifs qu'elle s'était fixés, notamment dans le domaine de la recherche et développement. Dans une interview accordée à CORDIS Nouvelles, M. Dimitris Deniozos, le secr...

Le 30 juin, la Présidence grecque de l'UE a mis un point final à son mandat de six mois, ayant rempli les objectifs qu'elle s'était fixés, notamment dans le domaine de la recherche et développement. Dans une interview accordée à CORDIS Nouvelles, M. Dimitris Deniozos, le secrétaire général grec à la Recherche, a commenté quelques temps forts et temps faibles de la Présidence, en soulignant en particulier la "percée" que représente la conclusion d'un accord politique commun sur le brevet communautaire. "Chacun sait que cela fait plus de 30 ans que l'Europe rêve d'avoir un système unifié de brevet. Le brevet communautaire devrait donner aux inventeurs la possibilité d'obtenir, moyennant une seule demande, un seul brevet juridiquement valable dans toute l'Union européenne pour un coût bien inférieur à celui actuellement payé pour obtenir les mêmes effets", a déclaré M. Deniozos. "L'obtention d'un accord politique sur le brevet a bénéficié d'un maximum d'attention de la part de la Présidence grecque", a expliqué M. Deniozos. Deux compromis successifs ont été formulés et les délégués de la Présidence se sont rendus dans les capitales des pays de l'UE pour solliciter le soutien des Etats membres à cet accord. "Le Premier ministre grec lui-même a investi un temps et des efforts considérables dans ce processus", a expliqué M. Deniozos. De plus, "grâce au travail déjà accompli par les présidences espagnole et danoise, les conditions nécessaires se trouvaient réunies, de sorte que la Présidence grecque a pu parvenir à un accord politique en mars", a-t-il ajouté. Depuis lors, le travail a été poursuivi à huis clos. La Présidence grecque s'est impliquée dans la discussion de la mise en oeuvre d'un règlement communautaire visant à rendre l'accord opérationnel, a expliqué M. Deniozos. Le règlement définit les principes et les caractéristiques majeures du système juridique du brevet communautaire, ainsi que le régime linguistique, les coûts, le rôle des offices nationaux de brevet et la répartition des honoraires versés. Toutefois, le règlement suscite encore certains "points de désaccord" dont M. Deniozos pense qu'ils pourront être aplanis par la Présidence italienne. En outre, la Présidence grecque a préparé, avec l'aide de la Commission, une proposition de révision de la convention de Munich sur les brevets qui permettra à l'UE d'en devenir membre. Si la première moitié du mandat de la Présidence grecque a été centrée sur le brevet communautaire, M. Deniozos a précisé que son pays avait également essayé de s'attaquer à d'autres questions, et tout spécialement à celle du fossé entre l'innovation et la recherche en Europe, dont il pense qu'il est dû à un fossé institutionnel. "Dans le passé, innovation et recherche étaient placées sur un même plan et figuraient toutes deux dans les programmes-cadres de l'UE. Mais l'innovation ne représentait qu'une modeste partie du programme-cadre, et il était donc juste que la Commission fasse de l'innovation une priorité de la Direction Générale Entreprises. Néanmoins, M. Deniozos pense que cette situation a créé une séparation entre recherche et innovation, puisqu'il y a deux Commissaires et deux Directions Générales différents. "Nous avons publié un rapport intitulé "The European Research and Innovation Area [ERIA], The way forward - A contribution of the Greek Presidency for further thought", un document qui vise à enrichir le dialogue sur les moyens de combler le fossé entre innovation et recherche", a indiqué M. Deniozos. Le rapport aborde l'ouverture des programmes nationaux, la mise en oeuvre de l'article 169, le rôle d'EUREKA dans l'Espace européen de la Recherche et de l'Innovation (EERI), le développement d'infrastructures communes, et l'intégration des organisations intergouvernementales européennes de recherche à l'EERI. En ce qui concerne la cible des trois pour cent, M. Deniozos a signalé une autre publication de la Présidence grecque qui vise à clarifier ce qui pourrait être fait pour mettre en oeuvre le plan d'action de la Commission sur l'encouragement de l'investissement dans la recherche. "Malheureusement, le plan d'action n'est qu'une liste abrégée de lignes directrices possibles. Avec notre publication, nous avons essayé de faire un examen plus approfondi des instructions et des actions qui seraient appropriées", a-t-il précisé. La plus grande réussite de la Présidence grecque est peut-être sa contribution au renforcement de la coopération scientifique et technologique dans les pays des Balkans. Une conférence ministérielle réunie à Thessalonique en juin a adopté un plan d'action et une "vision partagée" pour les Balkans occidentaux qui étend les opportunités de coopération scientifique et technologique déjà offertes par le 6ème PCRD aux pays des deux régions. Un groupe de travail et deux task-forces ont déjà été formés afin d'aider les pays à s'adapter aux processus à suivre dans le cadre de projets. M. Deniozos a qualifié ce moment capital de "feu d'artifice" clôturant la Présidence, ajoutant qu'il espérait que les délégués grecs pourraient continuer à travailler en étroite collaboration avec la Présidence italienne afin de renforcer la coopération avec cette région. Quant à savoir s'il éprouve des regrets concernant certains aspects moins positifs de ce mandat de six mois, M. Deniozos a dit qu'il y avait deux choses dont il aurait souhaité qu'elles soient achevées. "J'aurais aimé voir le programme de travail du plan d'action des Balkans entièrement élaboré", déclare-t-il. Il a aussi exprimé sa déception devant "le refus de l'UE et de l'Agence spatiale européenne d'aller de l'avant et de parvenir à un accord commun". Interrogé sur son degré de satisfaction concernant les réalisations de la Présidence grecque, M. Deniozos a déclaré: "Lorsqu'on est impliqué dans le processus consistant à construire et à faire vivre l'Union européenne, l'on ne peut jamais être satisfait de son action: on n'en fait jamais assez." Dans la perspective de la Présidence italienne, M. Deniozos a également exprimé quelques paroles marquées du coin de la sagesse: "Mon expérience du brevet communautaire m'a appris que l'Europe est basée sur une combinaison d'intérêts européens et qu'elle ne doit pas être considérée comme un simple agglomérat d'intérêts nationaux. Nous devons penser "européen d'abord" et ensuite grec, italien et ainsi de suite." "Si nous pensons en tant qu'Européens, nous pourrons trouver des solutions à nos problèmes d'ici une dizaine d'années. Mais si nous pensons comme nous le faisons actuellement, chacun pour soi dans son propre pays, cela ne fera guère avancer l'Europe", a averti M. Deniozos.

Pays

Grèce

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