Les dirigeants de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni plaident en faveur d'une Europe plus innovante
Les dirigeants des trois États membres les plus riches de l'UE se sont réunis en Allemagne le 18 février dernier, où la compétitivité de l'Europe a été une des priorités de l'ordre du jour. Dans une lettre adressée au Conseil européen et aux chefs de gouvernement des pays adhérents, Messieurs Schröder, Chirac et Blair ont demandé qu'une attention particulière soit accordée à l'innovation et à la simplification des programmes-cadres de recherche. Selon cette lettre, « la croissance et la productivité en Europe restent trop faibles ». Parmi les raisons citées, l'incapacité des États membres de l'UE à tirer pleinement profit des bienfaits de la recherche européenne en cours et les obstacles qui entravent le potentiel entrepreneurial de l'Europe. Pour parvenir à une Europe plus innovante, les dirigeants de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni proposent que l'Initiative européenne pour la croissance, adoptée au mois de décembre dernier, soit davantage orientée vers les projets de recherche industrielle axés sur des « technologies de croissance clés comme les sciences de la vie, les nanotechnologies, les technologies de la communication, les technologies du secteur de l'énergie et les technologies environnementales ». La lettre plaide en faveur d'une participation accrue de la Banque européenne d'investissement (BEI) dans ce domaine. Les dirigeants ont convenu que les programmes-cadres doivent être simplifiés afin de les rendre plus conviviaux. Les priorités retenues doivent permettre de promouvoir la coopération entre les entreprises et la recherche tout en favorisant les technologies futures. Il convient également d'envisager un renforcement de l'aide à la recherche à long terme et à haut risque, selon Messieurs Schröder, Chirac et Blair. À l'instar de ce qu'a souvent affirmé la Commission, la lettre poursuit en estimant que « l'investissement dans la recherche et le développement (R&D) ne constitue qu'une partie du processus d'innovation. La capacité des entreprises à convertir les initiatives de recherche en procédés et produits commercialement viables est tout aussi essentielle au bon déroulement de ce processus.' Ce ne sont pas uniquement les entreprises, mais également les universités et les centres de recherche qui sont invités à revoir leur approche de la recherche et de l'innovation. « Pour renforcer l'économie de la connaissance, les universités et les centres de recherche européens devront être encouragés à resserrer les liens afin de former des pôles d'éducation et de recherche de haut niveau, concurrentiels à l'échelle mondiale. »' La lettre demande également des mesures visant à aider les États membres à soutenir l'innovation. Elle appelle la Commission à établir un calendrier en vue de supprimer les réglementations et réduire la bureaucratie « qui entravent indûment la compétitivité et l'innovation. ». Une autre demande concerne la mise sur pied d'un concours permettant d'identifier des centres européens d'entreprise. Cette initiative « rehausserait les politiques favorables aux entreprises et [.] célébrerait le succès en entreprise à travers l'Union », commente la lettre. Pour réaliser tous ces objectifs, ainsi que les objectifs de la politique d'emploi et des affaires sociales, la lettre conclut en appelant à la désignation d'un vice-président de la Commission en charge des réformes économiques. « Cette personne se chargerait de faire avancer l'agenda de Lisbonne et de coordonner le travail des commissaires dont les attributions sont particulièrement importantes pour la réalisation de cet agenda », déclare la lettre.