Le gouvernement français accède aux revendications des protestataires
En réponse à un vaste mouvement de protestation de la part des chercheurs au cours de ces trois derniers mois, le nouveau gouvernement français a annoncé son intention de créer 550 nouveaux postes dans le domaine de la recherche au sein dinstitutions publiques, ainsi que 1050 postes dans lenseignement supérieur. Les chercheurs français manifestent depuis janvier en réaction au manque de fonds octroyés à la recherche et au récent déclassement de nombreux postes du secteur de la recherche publique en contrats à durée déterminée dun an. Ces mesures ont été violemment critiquées comme étant préjudiciables aux laboratoires qui ont besoin demployés engagés à long terme. Les chercheurs ont par ailleurs accusé le gouvernement dassécher les fonds de la recherche française et de contribuer à une fuite nationale des cerveaux. Le nouveau ministre français de lÉducation, François Fillon, a déclaré: "Le gouvernement a décidé de consentir un effort exceptionnel et immédiat en faveur de lemploi scientifique au bénéfice de la recherche publique." Le ministre a précisé que 550 postes statutaires dans le secteur de la recherche publique seraient rétablis "cette année, dans les délais les plus courts." Parmi ces postes figurent 200 postes de chercheurs et 350 postes de techniciens et dingénieurs de la recherche. Il a ajouté que 1000 postes supplémentaires denseignants et 50 postes administratifs seront créés dans les universités dici janvier 2005. "Cela était essentiel pour aboutir à un dénouement favorable de la crise", a-t-il déclaré. Le collectif "Sauvons la recherche", à la tête des protestations, sest déclaré satisfait des nouvelles mesures: "Cest un grand jour pour la recherche française", a déclaré Alain Trautmann, biologiste et porte-parole du mouvement contestataire. "Cela fait exactement trois mois que le mouvement a débuté, le 7 janvier. En trois mois, nous avons obtenu tout ce que nous voulions comme mesures urgentes." Le mouvement de protestation né en janvier a culminé le 9 mars avec la démission massive de 1455 directeurs dunités et de 2103 chefs déquipes de spécialistes. Il a bénéficié du soutien de 80 pour cent de la population française. "Ce mouvement démontre quil est possible de défendre avec succès un droit public, un investissement essentiel pour lavenir de notre pays", a déclaré le collectif "Sauvons la recherche". Le généticien Pierre Netter a ajouté: "Le côté extraordinaire de ce mouvement est quil na pas démarré en tant que mouvement syndiqué ou polémique. Cela prouve quil y a des limites à ce que peuvent tolérer les personnes patientes et raisonnables." Les actions du nouveau gouvernement au cours des prochains mois seront étroitement observées par les chercheurs, à commencer par le budget de lautomne 2005, qui présentera les priorités gouvernementales.
Pays
France