Réseau d'excellence pour la diffusion des fruits de la révolution génomique auprès des biologistes de la mer
Les progrès récents accomplis dans le domaine de la génomique ont ouvert de nouvelles perspectives enthousiasmantes à la recherche, porteuses d'un véritable espoir pour l'identification de nouveaux traitements des maladies humaines et des désordres génétiques. La biologie marine a toutefois été largement négligée dans le cadre de la "révolution génomique", et ce jusqu'à ce jour. Le 11 mai, la conférence EUROCEAN 2004 à Galway, en Irlande, a fourni l'occasion de présenter les détails d'un nouveau réseau d'excellence financé par la Commission, qui a pour objectif de diffuser les approches et les technologies génomiques développées dans d'autres domaines auprès des spécialistes des sciences de la mer. L'un des partenaires du réseau d'excellence "Génomique marine", est le professeur Adelino Canario, directeur du centre de sciences de la mer d'Algarve à l'université d'Algarve au Portugal. Lors d'un entretien avec le professeur Canario, CORDIS News lui a demandé comment le réseau atteindrait cet objectif. "En tant que réseau d'excellence, nous ne nous concentrons pas particulièrement sur des résultats scientifiques spécifiques; le but est plutôt d'intégrer diverses approches adoptées en Europe", a-t-il expliqué. "Un exemple de cela est la mise au point de techniques de séquençage des gènes à haut débit pour l'étude de la biologie marine." Le professeur Canario a ajouté que ce volet du projet consistait à fournir aux centres de recherches dans toute l'Europe des technologies catalysantes conçues pour identifier les fonctions génétiques d'un vaste éventail d'espèces vivantes marines, depuis les microorganismes aux vertébrés. "Un autre aspect de notre travail sera de permettre aux chercheurs dans le domaine des sciences de la mer d'accéder à des plates-formes technologiques comprenant des équipements expérimentaux et des bases de données qui intègrent les résultats produits. Cela est rendu possible par la participation au réseau d'excellence de plusieurs grands centres de recherche de pays tels que l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni", a déclaré le professeur Canario. En effet, le réseau dans son ensemble regroupe 44 instituts de taille variable implantés dans 16 pays européens, ce qui garantit l'implication de quelque 300 chercheurs. À cette fin, la Commission européenne a investi dix millions d'euro dans le système, au titre de la priorité "Développement durable, changement global et écosystèmes" du 6e programme-cadre (6e PC). "Il s'agit de la première initiative de ce type dans le domaine des sciences de la mer qui constitue pour nous un grand pas en avant. Pour la première fois à une telle échelle, nous allons permettre aux biologistes marins d'utiliser des techniques génomiques qui sont en passe d'être totalement établies dans d'autres domaines scientifiques. C'est probablement la raison pour laquelle la Commission a choisi de financer le réseau", a déclaré le professeur Canario. Si le réseau sur la génomique marine ne se concentrera pas directement sur les résultats scientifiques proprement dits, le professeur Canario estime que plusieurs projets se développeront autour du réseau. "Diverses équipes auront la possibilité d'utiliser les installations et les technologies que nous mettrons à leur disposition pour étudier des questions en relation avec la biodiversité, la biotechnologie, l'aquaculture et la modélisation biologique et écosystémique." Outre les aspects scientifiques et technologiques du projet, l'accent sera également mis sur le transfert de connaissances à la communauté de la recherche plus large. "Nous allons diffuser des activités destinées aux chercheurs en doctorat et post-doctorat et utiliser l'internet, par exemple, pour publier les résultats de notre travail", a expliqué le professeur Canario. Un site internet actuellement à l'état de projet (http://www.marine-genomics-europe.org(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)) sera bientôt accessible en ligne pour contribuer à cet effort. Dans son propre pays, le Portugal, le professeur Canario espère pouvoir inciter des centres et équipes de recherche extérieurs au réseau à adopter les technologies et les approches qui seront développées, car, pour nombre d'entre eux, ce sera la première fois qu'ils pourront approcher de telles techniques. Interrogé sur la question de savoir s'il pensait que la génomique marine permettrait d'atteindre les objectifs qu'elle s'est fixés, le professeur Canario a déclaré qu'il espérait que les résultats seraient fructueux: "Après certains tâtonnements initiaux, les choses commencent réellement à prendre forme". "Des participants se sont déjà réunis pour débattre de questions d'une importance décisive pour l'avenir de la biologie marine. Lorsque des gens se rassemblent de cette manière, ce peut être réellement très utile", a-t-il conclu. L'espoir est qu'en structurant de cette manière la recherche sur la génomique marine et en adoptant des approches de pointe, le réseau de génomique marine aidera l'Europe à se positionner, aux côtés des États-Unis et du Japon, comme l'un des leaders dans ce champ de découverte en rapide évolution.
Pays
Portugal