Des scientifiques vont étudier l'histoire génétique des britanniques
Des scientifiques basés en Grande-Bretagne sont sur le point de mener une étude, d'une valeur de deux millions de livres sterling (3 millions d'euros), portant sur le patrimoine génétique de la population britannique. On affirme de longue date que la génétique des britanniques actuels reflète les invasions attestées des Vikings, des Saxons et des Celtes à divers moments de l'histoire. Cette nouvelle étude se servira toutefois d'échantillons d'ADN pour déterminer dans quelle mesure chaque envahisseur a influencé le patrimoine génétique des populations régionales de Grande-Bretagne. Les chercheurs vont prélever des échantillons sanguins des habitants des communautés rurales aux quatre coins de la Grande-Bretagne. Les populations urbaines ne seront pas invitées à y prendre part puisqu'elles sont "déjà trop mélangées pour que nous puissions retrouver leurs racines génétiques", a déclaré Sir Walter Bodmer, qui dirige le projet. L'apport génétique étranger a été relativement faible auprès des habitants des campagnes au cours du siècle dernier. Les données ne serviront pas uniquement à créer une histoire génétique. L'analyse de l'ADN fournira également des informations sur les modèles pathologiques, notamment pour la maladie d'Alzheimer, la cardiopathie et le diabète. Ces résultats pourront dès lors également permettre aux chercheurs d'identifier les personnes vulnérables à certaines maladies. Ce projet fait suite à une étude similaire menée récemment dans les îles Orcades en Écosse. Les îles étaient placées sous la domination des Vikings entre 800 et 1300 AD, mais on ignorait si les Vikings y sont arrivés en tant que colonisateurs "absolus" (avec leur femme et leur famille) ou si les hommes y ont choisi des épouses locales. L'ADN a répondu à cette question. En analysant le chromosome mitochondrial, transmis uniquement par la mère, et ensuite le chromosome Y, hérité du père, les chercheurs ont pu déterminer que les envahisseurs vikings avaient pris des épouses locales. Ils ont découvert que l'ADN mitochondrial de la population des Orcades était semblable à celui du reste de la Grande-Bretagne, alors que le chromosome Y des hommes des Orcades était scandinave.
Pays
Royaume-Uni