Les gouvernements des pays de l'UE invités à faire du traitement contre le cancer une priorité
"Faites figurer l'accès à des traitements de qualité contre le cancer parmi les priorités de l'agenda des présidences européennes de 2005 en matière de santé": tel est l'appel lancé aux gouvernements britannique et luxembourgeois par des cancérologues et des représentants de patients souffrant du cancer lors d'un séminaire le 7 octobre dernier. Intitulé "Le traitement du cancer: une priorité pour les patients européens", ce séminaire a réuni des spécialistes de la médecine, des organisations de patients européens et des décideurs politiques européens et nationaux de premier plan et a souligné que malgré le fait que le cancer constitue la deuxième cause de mortalité dans l'UE, les patients sont souvent privés d'un accès adéquat aux traitements existants. "Tout le monde ne mesure pas l'ampleur des progrès qui ont été réalisés ces dernières années en matière du traitement du cancer. Pourquoi? Parce que tout le monde n'a pas accès aux dernières évolutions. La disponibilité des traitements relève d'une décision tant politique que médicale, et quand on sait qu'une personne sur trois est affectée, il serait dans l'intérêt de tous de faire du traitement du cancer une priorité des pouvoirs publics", a déclaré le professeur John Smyth, président élu de la Fédération des sociétés européennes du cancer (FECS). Selon le professeur Smyth, si l'Europe offre des opportunités incomparables d'exploiter les découvertes scientifiques en vue d'améliorer la gestion du cancer, elle doit prendre en compte de toute urgence les rôles des universités et de l'industrie dans ce processus et le volume de bureaucratie associé à la recherche clinique. "Un nombre croissant de citoyens européens pourraient survivre à leur cancer si la société dans son ensemble et le monde politique soutenaient le renforcement des infrastructures de soins de santé [.] et fournissaient les fonds nécessaires pour faire en sorte que des traitements éprouvés soient disponibles sans restriction", a-t-il ajouté. S'exprimant au nom de l'association caritative britannique CancerBACUP, Catriona Moore a expliqué qu'il existait d'énormes disparités au niveau de l'accès aux traitements du cancer en Grande-Bretagne et a déploré le fait qu'"il n'existe aucun mécanisme pour mettre en oeuvre localement les orientations nationales en matière de traitement du cancer." "Les gouvernements européens doivent hisser cette question au rang de priorité de leurs agendas politiques, de sorte que les patients puissent choisir le traitement le plus adapté à leur maladie et que les fonds soient octroyés aux services concernés au premier plan par le traitement du cancer", a-t-elle ajouté. La résolution sur le cancer du sein adoptée par le Parlement européen en juin 2003 est présentée comme l'exemple parfait de la manière dont les patients et les médecins ont procédé pour soumettre une problématique et faire en sorte qu'elle soit prise en compte au niveau européen.