Selon M. Prodi, l'agenda de Lisbonne est un "échec cuisant"
Le président sortant de la Commission européenne, Romano Prodi, a qualifié d'"échec cuisant" la stratégie de l'UE visant à devenir l'économie de la connaissance la plus compétitive au monde d'ici 2010. Se confiant au quotidien Financial Times (FT), M. Prodi a déclaré qu'un large recours au veto national avait permis aux États membres de faire obstacle au progrès, malgré les efforts de la Commission européenne. "Il est impossible de recueillir l'unanimité dans tous les domaines économiques, et si c'est le cas; il faut accepter l'échec de Lisbonne", a-t-il confié au FT. "Lisbonne est un échec cuisant." Pour appuyer cette conclusion, M. Prodi a identifié l'incapacité de convenir d'un brevet communautaire viable au terme de près de 15 années de débats comme un symptôme de ce problème. Enfin, même s'il privilégie un retour immédiat à la politique italienne, M. Prodi a révélé qu'il serait prêt à être commissaire ad interim dans l'éventualité où le Parlement européen rejetterait la nouvelle Commission du président désigné José Barroso lors de son vote le 27 octobre prochain. "Ce serait un véritable problème, mais si mes projets devaient être différés, je n'aurais pas le choix", a-t-il déclaré. Le FT prétend également avoir consulté une copie de la révision à mi-parcours du processus de Lisbonne, rédigé par un groupe d'experts dirigé par l'ancien Premier ministre néerlandais, Wim Kok. Selon le journal, le groupe fournira un rapport "cinglant" sur les réformes économiques de l'Europe, critiquant le manque d'engagement et de volonté politique et concluant qu'au lieu de résorber son retard sur les États-Unis, l'Europe perd encore davantage de terrain depuis le lancement de son agenda sur la compétitivité. Le rapport du groupe d'experts propose que l'UE se concentre uniquement sur 14 indicateurs en vue de mesurer les progrès vers l'atteinte des objectifs de Lisbonne, avec un accent particulier sur la création de croissance et d'emplois.