Autorités régionales et nationales invitées à s'approprier la stratégie de Lisbonne
Le 16 mars, des représentants nationaux et régionaux ont plaidé en faveur de leur pleine implication dans la stratégie de Lisbonne - implication décisive, en fait, pour le succès du projet, comme l'a précisé Gerhard Stahl, secrétaire général du Comité des Régions. M. Stahl s'est exprimé à l'occasion d'une conférence intitulée "Excellence in regions - regional actors driving the European Research Area" (L'excellence au niveau des régions - les acteurs régionaux construisent l'Espace européen de la Recherche). Selon lui, certaines institutions européennes et certains acteurs nationaux ne se rendent pas compte du rôle qu'il revient aux pouvoirs locaux et régionaux d'assumer en vue de permettre le succès de la stratégie de Lisbonne. "Atteindre des objectifs communs ne sera possible que si l'on renforce la coordination entre les divers niveaux de gouvernance et si les régions et les pouvoirs régionaux sont en mesure d'augmenter les investissements dans la recherche et l'innovation", a-t-il déclaré. Des prises de position similaires sont intervenues lors d'une réunion parlementaire entre les MPE et leurs homologues nationaux sur la stratégie de Lisbonne. De nombreux orateurs ont reconnu que l'appropriation nationale de la stratégie était la clé du succès: la majorité des réformes requises pour Lisbonne doivent être mises en oeuvre au niveau national. Le président de la Chambre des Députés du Luxembourg, Lucien Weiler, a toutefois précisé que, de l'avis de certains Etats membres, plus de guidance était nécessaire avant de pouvoir appliquer la stratégie au niveau national. Trop nombreux sont les documents officiels qui restent vagues quant à la façon d'appliquer la stratégie de Lisbonne, a-t-il déclaré lors de la réunion. Les progrès vers la réalisation de l'objectif de Lisbonne de faire de l'Europe l'économie la plus compétitive au monde d'ici 2010 ont été qualifiés de médiocres. Alors que le président du Parlement européen, Josep Borrell, situait les résultats actuels "quelque part entre médiocres et très mauvais", le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker les qualifiait pour sa part de "abyssalement mauvais". M. Juncker a par ailleurs adressé un message à ceux qui ont cautionné la temporisation des objectifs de Lisbonne tout en énumérant de nouveaux domaines à prendre en compte: "Nous ne pouvons permettre que la stratégie se transforme en un sapin de Noël croulant sous les listes de souhaits. Chacun estime la liste trop longue mais formule néanmoins de nouveaux souhaits"! A la conférence sur les régions et la recherche, M. Stahl a salué le rapport Kok et son appel pour faire de la recherche une priorité majeure de la stratégie de Lisbonne. Selon lui, toutefois, le Comité des Régions aurait préféré une approche plus décentralisée. Le financement de la recherche UE exige une approche basée sur la différentiation plutôt que sur l'harmonisation, a-t-il précisé, avant d'ajouter: "Le concept de 'taille unique pour tous' ne devrait pas s'appliquer à l'ensemble des domaines thématiques et des instruments."