Un projet financé par la Commission permet d'obtenir des données précieuses sur les personnes âgées en Europe
Les personnes âgées vivant dans le nord de l'Europe sont en meilleure santé et ont une meilleure situation financière que les personnes âgées du sud de l'Europe, mais leur espérance de vie reste moins longue. Tel est l'un des nombreux constats de l'étude financée par l'UE sur la santé, le vieillissement et la retraite en Europe (projet SHARE). Des données sur la qualité de vie de près de 22.000 citoyens européens âgés de 50 ans et plus dans 11 pays, de la Scandinavie à l'Europe centrale et à la Méditerranée, ont été collectées dans le cadre de ce projet. Celui-ci avait pour principal objectif d'obtenir des données fiables destinées aux chercheurs et aux décideurs opérant dans les domaines de la santé, de l'économie et des sciences sociales. L'Europe a la chance de posséder une grande diversité culturelle, historique et politique, même sur de courtes distances, comme l'explique Axel Börsch-Supan, coordinateur du projet, de l'université de Mannheim (Allemagne). Selon lui, le projet SHARE apporte une infrastructure scientifique fiable qui permet aux chercheurs du domaine de la santé publique, de l'économie et des sciences sociales d'utiliser des méthodes quantitatives modernes basées sur des comparaisons entre les pays et les régions d'Europe. Le professeur Börsch-Supan précise que cette approche permet de comprendre l'impact de la culture, du passé et de la politique publique - élément particulièrement important en ces temps de réforme sociale et économique - sur la vie des Européens de plus de 50 ans. Le projet, financé à hauteur de 2,9 millions d'euros au titre de la priorité Qualité de la vie du Cinquième programme-cadre, a également été financé par le US National Institute on Ageing (institut américain en charge de l'analyse du vieillissement) et plusieurs agences nationales en Europe. Les conclusions du projet sont mises gratuitement à la disposition de tous les chercheurs. Les premiers résultats ont été publiés dans un ouvrage intitulé "Health, ageing and retirement in Europe" (santé, retraite et vieillissement en Europe). Le projet a également permis de déterminer une forte corrélation entre l'éducation et la santé physique et mentale. Par exemple, dans l'ensemble des 11 pays, les personnes ayant un faible niveau d'éducation sont 70 pour cent plus susceptibles d'être inactives physiquement et 50 pour cent plus susceptibles d'être obèses. En ce qui concerne l'emploi, l'étude a montré que les départs en retraite anticipés sont bien plus nombreux dans les pays dans lesquels les régimes publics sont plus généreux (soit les pays du Sud ainsi que l'Autriche et la France). Ainsi, ces pays dans lesquels de nombreux individus en bonne santé ne sont pas actifs disposent d'un fort potentiel inexploité. Les partenaires du projet ont par ailleurs constaté que le fait de vivre non loin des enfants - dans le même foyer ou le même bâtiment - demeure une composante essentielle de la solidarité sociale, facteur de lutte contre la pauvreté, non seulement dans le sud de l'Europe, mais également en Allemagne. Enfin, ils ont noté que la qualité des soins gériatriques peut encore être améliorée, notamment dans le domaine du diagnostic et des tests de dépistage. Saluant la présentation des conclusions du projet SHARE à Bruxelles le 28 avril, Janez Potocnik, Commissaire européen en charge de la Science et de la Recherche, a déclaré que le projet SHARE est la parfaite illustration de la contribution des résultats de projets financés par l'UE à la prise de décisions politiques fondées. Les organismes de sécurité sociale et les gouvernements doivent connaître l'évolution des populations pour pouvoir adapter les politiques sociales et économiques en conséquence. En permettant à d'autres chercheurs d'accéder gratuitement aux données démographiques, les responsables de l'étude SHARE apportent une contribution précieuse à l'Espace européen de la recherche, selon les conclusions de M. Potocnik.