Selon un rapport, les conditions socioéconomiques dicteront les futures mises à jour des services de téléphonie mobile
Les auteurs d'un nouveau rapport publié par l'Institut d'études de prospective technologique (IPTS) à la demande de la DG Société de l'Information de la Commission ont conclu que les futures conditions socioéconomiques constitueront le facteur déterminant dans la hausse de l'adoption des technologies de communications mobiles. L'étude a été réalisée dans le cadre des travaux préparatifs à la Conférence mondiale des radiocommunications de l'Union internationale des télécommunications (UIT) de 2007, qui permettra de réfléchir aux futures exigences des services sans fil dans le contexte des radiocommunications. L'objectif consistait à étudier la manière dont les citoyens utiliseront les services proposés par les réseaux mobiles, et à évaluer le trafic qui serait ainsi généré aux horizons 2010, 2015 et 2020. La démarche reposait sur une série d'ateliers, un dialogue avec les représentants de projets de recherche financés par l'UE et un questionnaire diffusé sur le web. Trois scénarios économiques potentiels ont été mis en place pour cette période afin d'évaluer l'impact sur les besoins et les motivations des usagers, à savoir: "développement sans heurts", scénario selon lequel les économies de l'UE assurent à l'ensemble des 25 Etats membres croissance et développement; "stagnation économique", selon lequel l'économie communautaire décline et la croissance économique chute en deçà de celle de l'Asie; et "changement constant", selon lequel l'économie enregistre une tendance globalement positive mais avec des hauts et des bas en permanence. Pour chaque scénario, les usagers ont été divisés entre consommateurs privés et entreprises clientes, les premiers étant ensuite répartis en fonction de leur âge et de leur revenu, et les dernières en fonction de leur secteur d'activité et de leur taille. Pour toutes les catégories, les auteurs de l'étude sont partis du principe que les usagers se sentiront plus à l'aise en 2020 avec les services sans fil avancés, ayant grandi avec cette technologie. Les auteurs du rapport avancent: "Logiquement, le plus important facteur de croissance de l'utilisation des technologies sans fil, quel que soit le scénario, est l'évolution économique générale et les conditions financières." Selon le scénario du développement sans heurts, la demande concernerait des services sophistiqués tels que le soutien éducatif, alors que, selon le scénario de la stagnation, les services à bas coût, destinés à des styles de vie plus élémentaires, prévaudraient. L'une des utilisations importantes des communications sans fil identifiée à travers le scénario du changement constant est le fait de permettre aux travailleurs migrants de maintenir des contacts avec leur famille et d'organiser leur vie dans leur pays d'adoption. Bien que l'étude n'ait pas permis de faire ressortir une application sans fil unique, des applications simples utilisant la voix ont été considérées comme importantes dans les trois scénarios, surtout en cas de stagnation économique. Des estimations du trafic de données total dans chaque scénario ont révélé qu'entre 2010 et 2015, les différences entre chacun d'entre eux étaient relativement faibles. Ce n'est qu'après 2015 que de grosses différences deviennent apparentes en termes de volume de trafic, et la baisse de la consommation est susceptible d'être plus grave que prévu en cas de stagnation économique, peut-on lire dans le rapport. "Les scénarios indiquent qu'en cas de stagnation de l'économie, l'industrie cherchera à obtenir du gouvernement qu'il adopte une attitude protectionniste et conservera les services existants plus longtemps, n'ayant ni la volonté ni les fonds nécessaires pour passer à une offre nouvelle et apparemment plus risquée", ajoutent les auteurs du rapport. Ils concluent en avertissant que leurs résultats doivent être interprétés avec prudence car ils reposent sur de nombreuses hypothèses et approximations. "En outre, il convient de résister à la tentation de considérer les calculs comme des prévisions", déclarent-ils.