Les ministres de la santé de l'UE s'accordent pour faire de la santé en ligne une réalité d'ici cinq ans
Les ministres européens de la santé et la Commission européenne ont annoncé leur décision de mettre sur pied un système européen de santé en ligne intégré, compatible et interopérable d'ici 2010. Lors d'une conférence sur la santé en ligne, qui s'est tenue en Norvège les 23 et 24 mai, les ministres et les représentants de la Commission se sont engagés, par le biais de plans d'actions nationaux et européens, à mettre les technologies de l'information et des télécommunications (TIC) les plus performantes au service de la santé des citoyens européens. "Il est de notoriété publique que les erreurs et accidents médicaux coûtent la vie à des milliers de personnes ainsi que des millions d'euros chaque année. Nul n'ignore non plus que les outils de santé en ligne, tels que le système d'aide à la décision électronique [ordonnances] et en temps réel - associés aux dossiers médicaux électroniques intégrés et interopérables - peuvent réduire de manière significative le nombre d'accidents et d'erreurs de ce type", pouvait-on lire dans les conclusions de la conférence. "Or, la sécurité des patients ne sera pas la seule conséquence positive de la mise en place d'infrastructures de santé en ligne intégrées. Les instruments de santé en ligne efficaces destinés aux professionnels de la santé rendront la collaboration plus facile et plus souple au sein des établissements de santé et entre eux, ainsi qu'entre les milieux de soins de santé traditionnels, tels que les soins primaires et secondaires et les soins à domicile". A cette occasion, les ministres ont convenu de garantir des systèmes de soins de santé cohérents et interopérables au cours des cinq prochaines années et d'oeuvrer à différents projets, comme achever le portail européen de la santé; renforcer les systèmes de surveillance des menaces pour la santé au moyen des TIC; continuer de promouvoir l'utilisation des cartes de santé; se mettre d'accord sur des approches en ce qui concerne les meilleures pratiques et l'étalonnage; faire avancer l'intégration et l'interopérabilité des systèmes d'informations sur la santé et des dossiers médicaux électroniques; et réaliser de solides progrès en ce qui concerne les implications de la mobilité des patients et des professionnels pour les TIC. "L'approche européenne de la santé en ligne doit nous permettre de dépenser nos euros pour le bien des patients et non en paperasseries!", s'est exclamée Viviane Reding, Commissaire en charge de la Société de l'information et des Médias. "Les dossiers médicaux électroniques, par exemple, peuvent aider les médecins à diagnostiquer des maladies et prescrire des traitements avec plus de précision, réduisant ainsi les erreurs médicales. Moins de paperasserie doit aussi permettre plus d'efficacité. Au Danemark, l'orientation électronique des patients permet d'économiser 1 million d'euros par an et ces économies pourraient atteindre 3,5 millions d'euros par an si tous les renvois étaient effectués par voie électronique". Le ministre luxembourgeois de la santé, Mars Di Bartolomeo, a demandé instamment à ses collègues de renforcer leur engagement en faveur de la santé en ligne et de veiller, en collaboration avec la Commission européenne, à ce que les moyens nécessaires au lancement de projets pilotes dans l'ensemble des Etats membres soient débloqués. "Les nouvelles applications technologiques que nous offre l'ère de la Société de l'information sont pratiquement sans fin et doivent être utilisées au profit de la santé publique", a-t-il déclaré, avant de mettre en garde contre le fait que "la santé en ligne a forcément un coût. Toutefois, a-t-il ajouté, nul ne peut nier les avantages supplémentaires qui en résultent pour les patients, la santé et les systèmes de financement" Et M. Di Bartolomeo de conclure que l'amélioration de la coordination et la réduction du nombre des groupes de travail actuels conditionneront la rapidité du succès de la santé en ligne.
Pays
Luxembourg