Rencontre entre le grand public et les chercheurs afin de jeter une passerelle entre la science et la société
Une part toujours plus importante de la société souhaite savoir comment fonctionne la science, et une transparence accrue de la science constitue le seul moyen de jeter une passerelle entre la science et la société. Les experts ont par conséquent applaudi l'initiative des organisateurs du Salon européen de la recherche et de l'innovation, qui s'est déroulé à Paris du 3 au 5 juin, consistant à offrir une entrée gratuite au grand public. Première européenne, le salon, appuyé par la Commission européenne, a permis au grand public de rencontrer des chercheurs, des scientifiques et des industriels et de débattre avec eux. Lors d'une session consacrée à la science et à la société qui s'est tenue le 4 juin, un groupe d'experts a mis en lumière le paradoxe existant entre la reconnaissance par le grand public du fait que la science est à l'origine de la prospérité économique, et ses inquiétudes quant à la complexité des innovations scientifiques récentes. "Nous devons accorder un rôle plus important aux sciences sociales et davantage diversifier les équipes de recherche", a déclaré Pascal Viginier, directeur exécutif de la recherche et du développement (R&D) à France Telecom. "Au-delà des aspects techniques, nous devons regarder l'homme et ce qu'il attend de la science. Pour accroître la légitimité de la science, il nous faut développer les interactions entre la science et la société." Le journaliste français François de Closets a marqué son accord sur ce point, regrettant la poussée des mouvements anti-science ayant trouvé une illustration dans la destruction récente de champs d'OGM par des activistes français, laquelle s'est déroulée sans condamnation de la part du grand public. Depuis les années 1970, selon M. de Closets, on assiste à une ambivalence à l'égard de la science, et la remise en question du progrès scientifique est devenue "de rigueur". "La participation des citoyens constitue une ressource importante pour promouvoir la recherche dans une Europe démocratique", a ajouté Massimiano Bucchi, consultant pour la Commission européenne. "Il ne sert à rien de demander l'avis du public lorsque les jeux sont faits. La politique de recherche doit prendre en compte l'opinion publique dès les étapes initiales. Les citoyens doivent participer à l'élaboration des priorités de la recherche." Selon M. Bucchi, les scientifiques doivent non seulement apprendre à mieux diffuser leurs travaux de recherche et leurs découvertes, mais également à écouter le citoyen. "Plus la science progresse, plus elle suscite la résistance de la société", a affirmé M. Bucchi. "Pourtant, des études montrent que si le grand public est consulté et se sent impliqué dans l'élaboration de la politique de recherche, son attitude envers la science devient plus positive." Un membre du public, citant la France à titre d'exemple, a toutefois observé que les politiciens comptent parmi eux de moins en moins de scientifiques, et qu'à moins qu'un politicien clé ne soit chargé de la recherche, la fracture entre la science et la société a peu de chances de s'amoindrir.