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Le rôle des helminthes dans le cancer colorectal

L’initiative WORMTUMORS visait à comprendre de quelle manière les infections à helminthes modulent l’immunité pour influencer l’incidence et l’évolution du cancer colorectal (CCR).

Santé

L’infection à helminthe, ou helminthiase, touche plus de deux milliards de personnes dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (PRITI), comme l’Afrique du Sud. Il a été signalé que l’helminthiase offre une certaine protection contre les maladies à médiation immunitaire, c’est pour cette raison que l’helminthiase et l’utilisation de produits issus des helminthes font l’objet d’essais en vue de développer de nouveaux traitements pour les maladies inflammatoires de l’intestin qui sous-tendent fréquemment le cancer colorectal. En même temps, le caractère immunosuppresseur des infections à helminthe peut nuire à la génération de réponses immunitaires contre d’autres infections et vaccins, et peuvent également altérer les réponses antitumorales in vivo. Notamment dans les PRITI, les maladies infectieuses, y compris les helminthiases, représentent plus d’un tiers des cancers. Par conséquent, le projet WORMTUMORS, financé par l’UE, a chercher à répondre au besoin pressant d’identifier l’influence des helminthes sur le développement du CCR. «Notre objectif consistait à comprendre la manière dont l’infection à helminthe contribue au développement de la tumeur, afin d’identifier de nouvelles stratégies pour améliorer le traitement du cancer colorectal», explique la Dre Katherine Smith, boursière Marie Skłodowska-Curie. Elle a élaboré un modèle expérimental du CCR pour tester les répercussions de l’infection à helminthes vivants et de leur exposition sur le cancer. Plus particulièrement, elle a étudié la manière dont l’infection à helminthe modifie la réponse immunitaire antitumorale. Décortiquer l’impact de l’helminthiase sur l’immunité de la tumeur À la suite de l’optimisation complète, la Dre Smith a réussi à établir un modèle murin du CCR. Ensuite, elle l’a infecté avec l’helminthe H. polygyrus. Les résultats ont démontré que l’infection à helminthe aggrave la pathologie associée à l’apparition de CCR et les animaux présentaient une augmentation de la perte de poids, de la mortalité et de la formation de tumeurs. L’élimination de l’infection parasitaire chronique avec l’ivermectine, un médicament anthelminthique, a amélioré la perte de poids et le taux de survie des animaux infectés. Le profilage des réponses immunitaires après l’infection a permis d’identifier les réponses immunitaires classiques à l’helminthe et l’atténuation de l’immunité typique antitumorale. En outre, l’augmentation de l’inflammation du système et la réponse immunitaire innée locale de l’intestin identifiées chez les souris infectées chroniquement pourraient avoir une répercussion sur le développement du CCR. Le rôle de l’alimentation dans le développement du CCR Pendant l’élaboration du modèle CCR, la Dre Smith a constaté qu’une alimentation riche en certains acides gras aggravait considérablement la maladie. À l’aide d’une spectrométrie de masse, les scientifiques de WORMTUMORS ont également déterminé que certains métabolites des acides gras présents dans le côlon étaient liés à la maladie. Après examiner le rôle du métabolisme des acides gras dans le développement du CCR, ils ont découvert que l’infection à helminthe a augmenté davantage la production de ces métabolites spécifiques des acides gras. Afin de prouver que ces métabolites contribuent à la maladie, la Dre Smith a, d’une part, administré des formes stables de ceux-ci et de l’autre elle a bloqué leur production in vivo. Ce travail prouve que les facteurs environnementaux, comme l’infection à helminthe et les changements dans l’alimentation, sont des facteurs de risque du développement de CCR, notamment dans les PRITI. Ce travail dévoile également que la voie métabolique des acides gras peut constituer une cible potentielle pour le traitement des patients. Le développement socioéconomique de l’Afrique subsaharienne devrait augmenter l’exposition à des facteurs de risque pour le cancer en matière d’alimentation et de mode de vie et, par conséquent, accroître la prévalence du cancer au cours des prochaines décennies. Les découvertes de l’étude de WORMTUMORS pourrait toucher les régions endémiques pour les parasites et devrait être prise en compte au moment de concevoir des stratégies thérapeutiques. Collectivement, les travaux de l’étude soutiennent qu’il est nécessaire d’éradiquer mondialement l’helminthe, ainsi que le besoin de concevoir de nouveaux médicaments candidats pour le traitement du CCR.

Mots‑clés

WORMTUMORS, helminthe, cancer colorectal (CCR), réponse immunitaire, alimentation, acide gras

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