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Le responsable de la R&D chez GSK espère voir les médicaments innovants intégrés dans une initiative technologique conjointe

Le responsable de la recherche et du développement (R&D) de GlaxoSmithKline (GSK), le docteur Tachi Yamada, a exposé à CORDIS Nouvelles l'engagement de la société en faveur de la plateforme technologique européenne et des initiatives technologiques conjointes. Il a également é...

Le responsable de la recherche et du développement (R&D) de GlaxoSmithKline (GSK), le docteur Tachi Yamada, a exposé à CORDIS Nouvelles l'engagement de la société en faveur de la plateforme technologique européenne et des initiatives technologiques conjointes. Il a également évoqué la récente tragédie qui s'est produite dans le cadre d'un essai clinique au Royaume-Uni en espérant que les essais cliniques n'en seraient pas affectés. Le docteur Yamada s'est déclaré largement favorable aux essais cliniques et a précisé que quelque 1.400 médicaments ont été approuvés au cours des 25 dernières années, et qu'un nombre dix fois plus important de médicaments ont été testés dans le cadre d'essais de phase 1. Evoquant l'apparition tragique de divers troubles organiques chez 6 hommes ayant participé à des essais menés récemment en Grande-Bretagne, le docteur Yamada a précisé que c'était la première fois qu'un tel drame se produisait et s'est déclaré convaincu que ce type d'événement ne se reproduirait pas dans les 25 prochaines années. Même si le risque est toujours présent, des précautions considérables sont prises. Par ailleurs, lle docteur Yamada ne partage pas l'avis de ceux qui prétendent que le drame qui s'est produit, avec des médicaments qui ont été testés préalablement sur des animaux, prouve l'inutilité de l'expérimentation animale dans la mesure où les animaux et les humains présentent des différences physiologiques. Le docteur Yamada a affirmé que dans la grande majorité des cas, les humains et les animaux sont très similaires et que la pire des conclusions à tirer de cette tragédie consiste à développer des arguments en défaveur de l'expérimentation animale. Celle-ci permet bien au contraire d'éviter de nombreuses catastrophes. Il est tout à fait évident que de tels accidents seraient plus nombreux en l'absence de tests sur les animaux. A l'heure où l'Europe lutte pour retenir les investissements dans la recherche à l'intérieur de ses frontières, notamment dans le domaine des produits pharmaceutiques, le docteur Yamada admet que GSK mène une grande partie de ses travaux de recherche, en particulier les tests cliniques, en dehors de l'Europe occidentale et des Etats-Unis. Ce qui représente une perte pour ces pays est un gain pour l'Asie et les pays d'Europe de l'Est. L'intérêt récent que suscitent ces régions n'est pas seulement lié au niveau inférieur des coûts, mais également à une qualité, en termes de compétences, qui est équivalente, voire meilleure, selon Tachi Yamada. Un problème se pose également à de nombreuses sociétés qui effectuent des tests cliniques dans les pays développés: la plupart des personnes malades suivent déjà un traitement. Dans les pays dans lesquels les infrastructures de santé sont moins développées, GSK peut mieux tester et montrer les effets bénéfiques de ses médicaments, comme l'indique le docteur Yamada. GSK continue cependant de mener près de la moitié de ses travaux de recherche en Europe. M. Yamada a expliqué à CORDIS Nouvelles que les priorités de recherche de GSK sont arrêtées sur la base des besoins médicaux, citant à titre d'exemple le récent lancement d'un médicament traitant une forme rare de leucémie infantile et qui ne sera utilisé que par environ 500 patients. M. Yamada a précisé que ses collègues commerciaux ont pleinement soutenu la décision d'investir dans ce médicament. La société nourrit également une "très grande passion" pour la découverte de médicaments traitant les maladies des pays en développement. Un laboratoire établi en Espagne se consacre exclusivement à la recherche sur ces maladies, et notamment le paludisme et la tuberculose, et GSK a récemment lancé un médicament contre le rotavirus qui n'affecte que les personnes vivant dans les pays du tiers monde. Concernant le degré d'intérêt porté par les multinationales telles que GSK au financement public tel que celui proposé par l'UE, le docteur Yamada a déclaré que celui-ci occupe une place importante en tant que moyen parallèle de soutien au secteur public lui permettant de participer à des partenariats avec le secteur privé. GSK prend part à l'un de ces partenariats à l'échelle communautaire, la plateforme technologique pour les médicaments innovants. Le docteur Yamada espère que la plateforme fera partie des initiatives technologiques conjointes sous le septième programme-cadre (7e PC). La plateforme a en effet été retenue par la Commission comme l'une des 6 initiatives technologiques conjointes potentielles. "Nous attachons une grande importance à la plateforme technologique pour les médicaments innovants", a déclaré le docteur Yamada. "Nous tenons à sa participation au 7e PC." Les initiatives technologiques conjointes représentent à ses yeux un pas dans la bonne direction et vont permettre un gain d'efficacité. GSK participe également à plusieurs projets relevant du 6e PC, mais dans des proportions moins importantes que sous le 5e PC. Deux facteurs expliquent cette baisse de participation, selon Andrew Freeman, responsable de la politique de R&D chez GSK: l'augmentation de la bureaucratie et l'interruption des bourses de recherche post-doctorales Marie Curie, que GSK trouvait très intéressantes pour les deux parties. La société continue toutefois à participer à deux programmes de bourses Marie Curie ainsi qu'à des projets intégrés tels que le projet GENDEP (Genome-based Therapeutic Drugs for Depression), le projet IMPULSE (Integrated Multiscale Process Units with Locally Structured Elements) et les grilles de données pour le développement de processus et de produits. Quant aux mesures que l'Europe pourrait prendre pour reconquérir la recherche pharmaceutique, le docteur Yamada a mentionné un programme britannique, "Connecting for Health", dans le cadre duquel plusieurs milliards de livres ont été investis dans le développement d'une infrastructure informatique visant à améliorer les soins aux patients en permettant au personnel de santé de travailler plus efficacement. Les tests cliniques, qui représentent selon le docteur Yamada l'activité la plus coûteuse et la plus complexe de GSK, absorbent deux tiers des dépenses de la société. "Une infrastructure informatique solide exercerait un puissant effet d'aimant sur notre société. [...] Si l'infrastructure est là, nous serons là."