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Entretien

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EuroCRIS sera-t-il le coordinateur de l'EER?

«Il devrait être possible, pour un entrepreneur basé en Allemagne, de savoir quels sont les projets de recherche européens qui pourraient lui fournir, par exemple, une pompe à eau très puissante pour un projet spécifique qu'il envisage», a expliqué le président d'EuroCRIS, le ...

«Il devrait être possible, pour un entrepreneur basé en Allemagne, de savoir quels sont les projets de recherche européens qui pourraient lui fournir, par exemple, une pompe à eau très puissante pour un projet spécifique qu'il envisage», a expliqué le président d'EuroCRIS, le professeur Keith Jeffery, à CORDIS Nouvelles à l'issue du séminaire 2006 d'EuroCRIS à Bruxelles le 12 septembre. Cette idée semble aller de soi, mais en fait elle n'est pas simple à concrétiser à l'heure actuelle. C'est à cette difficulté que veut remédier le projet euroCRIS - transparence et efficacité de l'ensemble de la recherche communautaire. Le CRIS (acronyme de «Current Research Information Systems»: systèmes actuels d'information sur la recherche) se réfère dans ce cas aux systèmes utilisés par les organisations de recherche, mais le but du projet est l'interopérabilité. Les participants viennent d'organisations et de sociétés de toute l'Europe. «Il s'agit d'une question de normes et de présence, explique Keith Jeffery. Le CERIF (Common European Research Information Format) est actif depuis 2000 et propose des recommandations depuis 2001. EuroCRIS est le gardien de ces recommandations.» Le CERIF est avant tout un ensemble de règles qui, si elles étaient appliquées à l'ensemble de la recherche, pourraient simplifier considérablement le transfert des informations et des connaissances. Pour le moment, différentes organisations, différents pays ou organismes peuvent utiliser différents systèmes de TI ou utiliser différentes bases de données de différentes manières, ce qui peut rendre le transfert d'informations extrêmement complexe. En Europe, le problème est encore plus compliqué à cause de la pluralité des langues, des alphabets et des nuances linguistiques. M. Jeffery cite l'exemple de la Grèce, qui utilise un alphabet autre que l'alphabet latin, de même que la Bulgarie, pays candidat à l'adhésion. Non seulement il faut surmonter les différences linguistiques, mais de plus, le même mot peut être utilisé de différentes manières d'un pays à l'autre, ce qui est loin de simplifier le problème. EuroCRIS vise à éliminer le maximum d'obstacles à la transparence, pour que l'Europe fonctionne plus efficacement. Ces dernières années, EuroCRIS a examiné minutieusement l'espace européen de la recherche (EER), l'accès ouvert - une exigence majeure d'EuroCRIS, et les systèmes GRID. «Les processus de recherche collectent les données et ceci peut se faire de manière discrète et invisible et être diffusé au moyen des technologies GRIDS», explique M. Jeffery. Cette année toutefois, le séminaire s'est penché sur l'innovation. «Un sujet brûlant, souligne M. Jeffery. Les objectifs de Lisbonne et l'avant-projet pour l'innovation européenne, le rapport du groupe d'experts Aho, fait explicitement référence à la recherche comme moteur de l'innovation, laquelle à son tour est le moteur de l'économie. «Les gens sont très intéressés et passionnés par la question. EuroCRIS est nécessaire pour aider l'UE à atteindre les objectifs de Lisbonne. Si on ne fixe pas de cibles à la recherche, il est impossible d'atteindre ces buts», déclare-t-il. Adopter les lignes directrices d'EuroCRIS non seulement stimulerait les chercheurs européens, mais faciliterait la tâche de ceux qui veulent exploiter les résultats de la recherche. L'espace européen de la recherche (EER) a précisément pour but de promouvoir ce type d'interaction et de servir de catalyseur pour la recherche et les chercheurs. Les lignes directrices du CERIF constitueraient donc une armature adéquate pour l'EER. «Il a été proposé de faire d'EuroCRIS l'autorité de l'interopérabilité, déclare M. Jeffery. EuroCRIS en discute avec les chefs des conseils de recherche de l'UE et des projets ERA-NET, ainsi que d'un financement au titre du sixième programme-cadre.» «Et ces discussions avancent bien, ajoute M. Jeffery. Il se peut qu'il en soit ainsi en partie parce qu'il n'y a vraiment personne d'autre», déclare-t-il. Mais 2010 approche rapidement et EuroCRIS pourrait être un important catalyseur et mettre de l'huile dans l'engrenage de la recherche, afin de raccourcir un peu la distance qui nous sépare des objectifs de Lisbonne.