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Contenu archivé le 2023-03-02

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De nouvelles méthodes statistiques révèlent des surprises ancestrales

Une nouvelle méthode d'analyse de la variation génétique chez les populations humaines a révélé de grandes surprises concernant nos ancêtres. Entre autres, cette nouvelle technique confirme la présence d'un flux génétique important de l'Europe du Nord vers la Sibérie Orientale...

Une nouvelle méthode d'analyse de la variation génétique chez les populations humaines a révélé de grandes surprises concernant nos ancêtres. Entre autres, cette nouvelle technique confirme la présence d'un flux génétique important de l'Europe du Nord vers la Sibérie Orientale. Les travaux, partiellement financés par l'UE, sont publiés dans la revue PLoS Genetics. Les méthodes traditionnelles d'analyse génomique ont tendance à se concentrer sur une seule partie du génome humain, par exemple le chromosome Y, qui se transmet de père en fils. D'autres techniques se basent sur un modèle simplifié à l'extrême de l'hérédité, lequel ne tient pas compte de la structure des chromosomes. Dans cette étude récente, une équipe de scientifiques irlandais, britanniques et américains a analysé 2450 marqueurs génétiques sur l'ADN d'environ 1000 personnes du monde entier, dont le matériel génétique avait été collecté dans le cadre du projet Human Genome Diversity Project (HGDP). Les résultats ont été très surprenants. Par exemple, la population Yakoute de la Sibérie du Nord semble avoir reçu une importante contribution génétique de la population des îles Orcades, au large de la côte nord de l'Écosse. Les gènes des Orcadiens sont apparus chez des populations d'Asie orientale, notamment chez les Han du Nord de la Chine et chez les Hezhen, une autre population d'Asie du Nord-Est. Les scientifiques en ont donc conclu qu'un flux génétique avait dû avoir eu lieu pendant une période donnée d'Europe du Nord vers l'Asie orientale. Cette étude a également mis en avant les peuplements des Amériques; en effet, les résultats montrent que les populations autochtones du Nord et du Sud de l'Amérique ont différentes origines. Les chercheurs expliquent ce phénomène par le biais d'un scénario mettant en jeu diverses vagues de migration. Dans leur scénario, la première population à coloniser le Nord-Est de l'Asie aurait également traversé le détroit de Béring pour finalement atteindre l'Amérique du Sud. Cette population a peu à peu été remplacée par une autre, plus proche des populations actuelles d'Asie orientale. Ces populations semblent également avoir traversé le détroit de Béring et contribué à la constitution de l'arbre généalogique d'Amérique du Nord. «Cette technique, par rapport à d'autres méthodes, nous permet d'identifier plus en détail les contributions génétiques», explique le Dr Garrett Hellenthal de l'université d'Oxford, l'un des auteurs du communiqué. «Incorporer l'héritage des 'blocs' d'ADN entre générations plutôt que des gènes individuels uniquement permet d'obtenir une vue panoramique du partage des modèles d'ADN dans l'intégralité du génome humain. Cela nous permet de prendre en compte un certain nombre d'éventuels scénarios de colonisation, et pas seulement ceux déjà imaginés; en outre, nous pouvons utiliser un algorithme pour déterminer les voies de migration possibles.» Les scientifiques espèrent développer leur méthode à l'avenir afin d'englober des ensembles de données contenant plus de 500000 marqueurs génétiques. Ils espèrent ainsi pouvoir reconstruire les modèles de migration humaine de manière extrêmement détaillée. «Les hommes aiment raconter des histoires; parmi ces histoires, les plus intéressantes concernent l'expansion mondiale des hommes modernes de leur terre natale en Afrique», ajoute le Dr Daniel Falush de l'University College de Cork en Irlande. «Traditionnellement, ce domaine était réservé aux anthropologues, mais les généticiens s'y intéressent désormais et y apportent leur contribution. Les preuves génétiques sont cependant typiquement analysées dans le contexte de préconception anthropologique; les techniques statistiques nous aident à considérer la situation de manière plus objective.» Le soutien à ces recherches a été apporté par le projet POLYGENES («Identification of common genetic variants that affect the risk of breast and prostate cancer») financé par l'UE, dans le cadre du domaine thématique «Sciences de la vie, génomique et biotechnologie pour la santé» du sixième programme-cadre (6e PC).

Pays

Irlande, Royaume-Uni, États-Unis

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