Les scientifiques analysent le diabète des Slovaques
Le diabète monogénique est le résultat de la mutation d'un petit nombre de gènes, perturbant ainsi la production d'insuline. Presque la moitié des patients atteints de diabète monogénique semblent être porteurs d'une mutation au niveau du gène glucokinase (GCK). A ce jour, plus de 600 mutations du gène GCK ont été recensées. Environ 65 % d'entre elles sont des faux-sens que les experts définissent comme étant une modification génétique résultant de la substitution d'un acide aminé dans une protéine par un autre. Des chercheurs slovaques et britanniques ont identifié la prévalence minimale du diabète monogénique GCK chez les Slovaques. Ils ont séquencé GCK chez 100 Slovaques dont le phénotype correspond au diabète monogénique GCK. L'équipe a également réalisé des études familiales et fonctionnelles afin d'établir l'influence des variantes sur la maladie. Présentée dans le journal PLoS ONE, l'étude a profité du soutien du projet CEED3 («Collaborative European effort to develop diabetes diagnostics») qui a pu profiter d'un financement de 3 millions d'euros dans le cadre du 7e programme-cadre de l'UE (Santé). Les chercheurs de l'Institut d'endocrinologie expérimentale, du Centre du diabète chez l'enfant et du Centre de médecine moléculaire de l'Académie des sciences slovaque, ainsi que le Centre d'endocrinologie et de métabolisme du diabète et le Centre de recherche biomédicale de l'Université d'Oxford au Royaume-Uni ont isolé 22 mutations, dont 7 nouvelles, parmi 36 familles. Au terme d'une analyse bioinformatique, les chercheurs ont passé en revue les 22 mutations faux-sens provoquant des dégâts. Au total, neuf mutations ont fait l'objet d'une évaluation fonctionnelle. Un trait pathogène a été isolé pour sept mutations présentant une faible activité au niveau de la glucokinase. D'après les chercheurs, la prévalence minimale du diabète monogénique GCK parmi les patients slovaques atteints de diabète était de 0,03 %. L'identification des patients atteints de diabète monogénique GCK (aussi appelée diabète non insulino-dépendant chez les jeunes DIDJ) est importante car le diagnostic a un impact considérable sur la gestion et le diagnostic cliniques. Cela affecte également la famille des patients. «Nous avons étudié 100 sujets slovaques dont le phénotype correspond au diabète monogénique GCK et identifié des variantes dans 36 % des cas (36/100)», affirment les auteurs de l'étude. «La majorité des variantes (77 %) sont des faux-sens. Une étude récente a d'ailleurs souligné l'importance de l'utilisation d'une combinaison d'études familiales, bioinformatiques et fonctionnelles en vue d'établir la pathogénicité.» Les chercheurs ont choisi toutes les mutations faux-sens ainsi que celles dont la pathogénicité n'a pas pu être clairement établie sur la base des données bioinformatiques afin d'étudier plus avant ce phénomène et compléter les études génétiques et in silico. «Nous avons estimé la prévalence minimale du diabète monogénique GCK en Slovaquie à 20,0 cas par million, soit un résultat supérieur aux deux études récentes émanant du Royaume-Uni», expliquent les auteurs. «Ce chiffre est très probablement sous-estimé étant donné qu'un grand nombre de cas ne seront diagnostiqués puisque le diabète monogénique GCK est essentiellement asymptomatique.» Etant donné que les symptômes ne sont pas toujours évidents, les chercheurs ont indiqué qu'il était important d'effectuer des études sur la population afin d'établir avec précision la prévalence des mutations GCK. «Il est intéressant de constater que deux mutations non synonymes, à savoir L315H et I436N, n'avaient été isolées que chez les familles tchèques. Une étude récente a montré que L315H était l'une des mutations GCK les plus répandues au sein de la population tchèque», expliquent les auteurs. «Cela pourrait supposer l'existence potentielle d'un effet fondateur au sein des familles slovaques et tchèques.» Les chercheurs ont déclaré que leurs résultats permettaient une première évaluation de la prévalence du diabète monogénique GCK en Slovaquie, montrant ainsi que les études familiales, bioinformatiques et fonctionnelles pouvaient être combinées en vue d'établir la pathogénicité des mutations GCK constituant des faux-sens.Pour de plus amples informations, consulter: Académie slovaque des sciences: http://www.sav.sk/?lang=en(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre) Université d'Oxford: http://www.ox.ac.uk/(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Pays
Slovaquie, Royaume-Uni