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Une meilleure la lutte intégrée contre les maladies pour de meilleures cultures céréalières et une agriculture plus durable

Chaque année, les maladies, d’origines fongiques notamment, occasionnent des milliards d’euros de pertes de céréales. Il nous faut hisser le renforcement de la résistance des plantes aux maladies au rang de priorité absolue si l’on veut améliorer la productivité alimentaire et répondre aux besoins d’une population mondiale en constante augmentation.

Alimentation et Ressources naturelles

Les céréales, notamment le blé, le maïs et le riz, constituent la plus importante source de calories pour l’homme. La demande de céréales, destinées à l’alimentation humaine comme animale, devrait atteindre quelque 3 milliards de tonnes à l’horizon 2050, contre près de 2,1 milliards de tonnes à l’heure actuelle. Parmi les dix principaux agents pathogènes végétaux qui revêtent une importance économique et scientifique figurent les agents pathogènes responsables de maladies attaquant les feuilles, les racines et les épis des céréales en Europe et dans le monde. Le projet CEREALPATH, financé par l’UE, s’emploie à relever ce défi en dotant une nouvelle génération de scientifiques de l’expertise nécessaire pour mettre au point de nouvelles armes dans la lutte contre les maladies des céréales. «Ce réseau de formation innovant Marie Sklodowska-Curie a formé des chercheurs en début de carrière à toutes les compétences nécessaires pour innover dans le domaine de la lutte intégrée contre les maladies et de la production durable de céréales», explique Fiona Doohan, coordinatrice du projet.

Une approche interdisciplinaire

Le programme de travail a rassemblé dix bénéficiaires et 11 organisations partenaires originaires des quatre coins de l’Europe, dont des universités, des entreprises et des agences gouvernementales, chacune possédant des compétences spécifiques et complémentaires dans les domaines de la découverte et de la sélection de gènes, de la lutte biologique et bioactive contre les maladies et des compromis et de l’évolution des agents pathogènes. Des activités de formation, des réunions et des symposiums ont été organisés dans ces domaines de recherche spécifiques et ont été étayés par une vaste fonction de gestion et de soutien. En outre, des équipes de recherche ont travaillé sur des projets isolés en lien avec les différents courants de recherche du projet. «Ces trois domaines constituent les fondements d’une lutte intégrée et durable contre les maladies et de l’intensification durable de l’agriculture», explique Mme Doohan. «Si la majeure partie des projets des chercheurs étaient axés sur la lutte contre les maladies du blé, certains se sont également attachés à renforcer la lutte contre les maladies de l’orge, et la formation générale est applicable au domaine de la protection des cultures dans son ensemble».

Recours aux produits de protection biologique

S’agissant de l’axe de recherche consacré à la découverte et à la sélection des gènes, les chercheurs ont construit des bibliothèques de mutants du champignon responsable des épidémies de rouille noire chez les Triticeae à l’échelle mondiale. Mme Doohan explique que ces bibliothèques servent à examiner au peigne fin la virulence et la résistance de l’hôte à la rouille noire, en déterminant les souches de rouille actuellement virulentes contre les gènes connus pour être résistants à cette maladie. Dans le cadre du volet «lutte bioactive et biologique», les scientifiques ont testé un éventail de produits de protection biologique pouvant servir de produits de lutte contre les maladies dans les cultures. «Grâce à ces projets, nous avons confirmé les utilisations potentielles de ces produits de protection, dont l’activité antifongique, nous avons enrichi nos connaissances sur la manière d’optimiser notre répertoire de produits de protection biologique en utilisant différents milieux de sélection et nous avons approfondi notre compréhension de l’interférence par ARN et de l’extinction de gènes induits par l’hôte», fait remarquer Mme Doohan.

Un avenir durable

Au titre du volet «évolution des agents pathogènes et compromis», les chercheurs ont commencé à éclaircir le double rôle des gènes qui confèrent tantôt une résistance, tantôt une sensibilité aux maladies. De plus, afin de mieux comprendre le pathosystème dans son ensemble, de nouveaux gènes de résistance et effecteurs d’agents pathogènes sont en cours d’identification grâce à des systèmes in silico et in planta. «L’évolution de la résistance aux maladies est également examinée, au même titre que l’évolution de l’agent pathogène et de l’hôte», précise Mme Doohan. CEREALPATH permettra de gagner une meilleure compréhension de l’interaction plante-pathogène et de mettre en place des stratégies de gestion des maladies végétales plus durables et robustes. Le projet contribuera également aux programmes de sélection qui prévoient le développement de cultures économes en ressources. Et Mme Doohan de conclure: «Cela sera bénéfique pour les producteurs qui n’auront plus besoin d’apports de produits chimiques et de carburant aussi importants qu’aujourd’hui pour la production agricole. Le consommateur lui aussi souhaite cette intensification durable qui favorisera l’environnement et la biodiversité».

Mots‑clés

CEREALPATH, céréales, lutte contre les maladies, agents pathogènes, Triticeae, pathosystème, produits de protection biologique

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