Skip to main content

Article Category

Article available in the folowing languages:

Protéger les bâtiments contre la liquéfaction du sol

Les effets de la liquéfaction induite par les tremblements de terre étant mal connus en Europe, des chercheurs ont désormais décidé de combiner différentes disciplines afin de mieux comprendre le phénomène de liquéfaction et les façons de l’atténuer.

Sécurité

La liquéfaction des sols a suscité un regain d’intérêt ces dernières années, aussi bien dans la communauté scientifique que dans celle des ingénieurs. La liquéfaction induite par les tremblements de terre se produit lorsque des secousses telluriques entraînent une perte de cohésion dans les sols granulaires saturés, ce qui conduit le sol à se comporter davantage comme un liquide que comme un solide, et peut provoquer l’effondrement et/ou le basculement des bâtiments. En Europe et dans le monde entier, ce phénomène entraîne des dommages importants aux bâtiments, ainsi que des pertes économiques. Le projet LIQUEFACT, financé par l’UE, a rassemblé un groupe multidisciplinaire de chercheurs afin de mieux comprendre les risques potentiels auxquels sont exposées les communautés européennes vis-à-vis des phénomènes de liquéfaction induite par les tremblements de terre. L’équipe du projet a entrepris de mettre au point des interventions d’atténuation destinées à améliorer les sols et susceptibles de réduire l’impact de tels incidents sur les populations.

Comprendre l’impact sur les communautés

L’équipe de LIQUEFACT a développé une série d’outils techniques et commerciaux pour aider les ingénieurs, les gestionnaires d’installations et les décideurs politiques à mieux comprendre l’impact qu’un phénomène de liquéfaction induit par un tremblement de terre est susceptible d’avoir sur les bâtiments. L’équipe de recherche a mis au point les outils permettant aux parties prenantes d’identifier des interventions rentables d’atténuation sur le sol, qui réduisent la vulnérabilité d’un bâtiment et améliorent sa résilience à une éventuelle liquéfaction induite par un tremblement de terre. «Les outils ont été développés grâce à un processus de recherche itératif qui a permis de tester à la fois leur rigueur scientifique et le côté pratique de leur application commerciale dans une série de scénarios sismiques hypothétiques», explique Keith Jones, coordinateur du projet. «À chaque itération, les équipes de recherche ont été invitées à répondre à une question du type “alors, ça donne quoi?” afin de vérifier qu’elles restaient concentrées sur l’objectif premier du projet LIQUEFACT: améliorer la résilience des communautés aux phénomènes de liquéfaction induite par les tremblements de terre.»

Atténuer les effets de la liquéfaction

L’équipe LIQUEFACT a élaboré des cartes de macrozonage et de microzonage mettant en évidence le potentiel de liquéfaction en Europe, ainsi qu’un outil d’évaluation rapide des risques. Cet outil permet aux gestionnaires de bâtiments d’évaluer la susceptibilité à la liquéfaction induite par les tremblements de terre et d’en estimer l’impact potentiel sur leurs actifs bâtis. «Le projet LIQUEFACT a également testé trois types d’intervention d’atténuation sur les sols pour réduire la probabilité de liquéfaction, qui ont été testées sur un site du nord de l’Italie où un “mégasecoueur” a été utilisé pour simuler un événement de liquéfaction induite par un tremblement de terre», indique Keith Jones. Parmi les outils de travail de l’équipe figure une méthodologie d’analyse coûts-avantages et de planification de la gestion des bâtiments, permettant aux utilisateurs d’explorer le potentiel des différentes interventions d’atténuation. Cela permet aux gestionnaires de bâtiments d’évaluer la performance fonctionnelle des actifs bâtis et de déterminer la meilleure façon de rénover les bâtiments existants. «Les outils techniques et commerciaux ont été intégrés dans l’outil logiciel LIQUEFACT, qui permet aux acteurs techniques et non techniques d’évaluer leur vulnérabilité et leur résilience aux phénomènes de liquéfaction induite par les tremblements de terre pour chaque actif bâti et pour l’ensemble du portefeuille d’actifs bâtis», explique Keith Jones.

Trouver un terrain d’entente entre les différentes disciplines

Au début du projet, les équipes de recherche ont dû résoudre la question des interprétations divergentes de la «résilience» dans différentes disciplines. Pour cela, elles ont organisé un «sprint test» d’une journée, au cours duquel les équipes de recherche développant les outils commerciaux jouaient le rôle de «clients mandataires», tandis que les équipes développant les solutions techniques jouaient le rôle de «consultants mandataires». «Les résultats du “sprint test” ont donné un point de référence commun pour les futurs ateliers de développement, et ont permis de s’assurer que toutes les équipes de recherche restaient concentrées sur l’impact pratique du projet», conclut Keith Jones.

Mots‑clés

LIQUEFACT, liquéfaction, gestion des actifs bâtis, évaluation des risques, tremblement de terre, infrastructure, bâtiments, atténuation

Découvrir d’autres articles du même domaine d’application