Stimuler les espèces réactives de l’oxygène pour lutter contre les maladies graves
Lorsque notre corps est exposé à une bactérie ou au cancer, le système immunitaire s’active et produits des éléments toxiques pour combattre l’envahisseur. Cette inflammation maintient notre santé, mais une fois le combat terminé, ces espèces toxiques doivent être éliminées. Ce processus, connu sous le nom de résolution de l’inflammation, est critique. Son absence peut induire inflammation chronique, le corps continuant à s’attaquer lui-même. Les problèmes de résolution de l’inflammation sont évidents dans les maladies auto-immunes ou inflammatoires. La résolution de l’inflammation dépend en partie des espèces réactives de l’oxygène (ERO), des molécules qui jouent un rôle essentiel dans les organismes sains, notamment en régulant l’inflammation. Des concentrations élevées d’ERO sont dommageables pour les tissus humains, c’est pourquoi notre organisme a développé des moyens pour contrôler leur production. Néanmoins, dans certaines situations pathologiques, ces systèmes peuvent mal fonctionner et la production d’ERO est insuffisante. «Dans certains cas, ces ERO ne peuvent pas être générés et l’inflammation n’est pas résolue», explique Andriy Mokhir, professeur de chimie organique à l’université Friedrich-Alexander et coordinateur du projet NeutroCure(s’ouvre dans une nouvelle fenêtre). Des médicaments permettant d’induire la production d’ERO ont été développés afin de résoudre ce problème. Mais les ERO peuvent également endommager les tissus sains, de sorte que la création de ERO dans tout le corps peut causer plus de mal que de bien. «L’astuce consiste à générer des ERO uniquement où se situe l’inflammation chronique», explique Andriy Mokhir. Dans le cadre du projet NeutroCure financé par l’UE, Andriy Mokhir et ses collègues ont mis au point une solution développée pour la première fois en 2017, qui permet de générer et d’amplifier les ERO spécifiquement dans les zones enflammées du corps.
Générer des amplificateurs d’ERO sûrs
L’objectif principal du projet était de concevoir des amplificateurs d’ERO sûrs, sur la base de la preuve de concept de 2017 démontrée dans des lignées cellulaires, et d’un modèle in vivo. L’équipe a synthétisé une vaste bibliothèque de plus de 100 composés, parmi lesquels ils ont sélectionné deux candidats principaux qui produisaient des ERO en toute sécurité. «Nous avons confirmé des effets bénéfiques dans des modèles murins d’inflammation aiguë et dans plusieurs modèles d’arthrite», souligne Andriy Mokhir. Ces composés amplifient les radicaux superoxydes, les radicaux hydroxyles et le peroxyde d’hydrogène, trois ERO qui peuvent tous déclencher la réponse à l’inflammation chronique par différents mécanismes et qui sont activés sur les sites d’une inflammation chronique.
Étendre la recherche sur les composés NeutroCure
Les scientifiques du projet NeutroCure continuent à travailler sur la recherche et à l’étendre. Un doctorant travaille à la création d’une entreprise basée sur l’un des trois composés et entend la développer davantage pour le traitement d’affections telles que l’arthrite, les maladies inflammatoires et les maladies auto-immunes. Un autre développe un composé NeutroCure qui agira en tant qu’agent anticancéreux. Les chercheurs de NeutroCure ont découvert que certains de leurs composés possédaient également des propriétés antibactériennes, et ils ont l’intention de poursuivre le développement de ces propriétés. «Si tout se passe bien, nous disposerons de trois directions dans lesquelles développer ce produit», confie Andriy Mokhir. L’équipe a déjà déposé trois brevets sur base des résultats du projet.
Envisager les essais cliniques
Les essais cliniques sont l'objectif final de l'équipe de NeutroCure. «Nous devons d’abord réaliser des études précliniques, mais l’objectif principal est de passer à la clinique», ajoute Andriy Mokhir.