La Commission propose une série de mesures radicales pour préserver les côtes européennes des marées noires
La Commission européenne a adopté une communication sur la sécurité du transport pétrolier, dans laquelle elle demande aux gouvernements des Etats membres de l'UE, au Parlement européen et à l'industrie européenne d'accepter des propositions visant à réduire les risques d'accidents et de pollution. La communication fait suite au récent naufrage du pétrolier ERIKA, un navire à coque unique de 25 ans, qui s'est brisé en deux au large de la Bretagne, dévastant 400 kilomètres de côtes. L'ERIKA a déversé plus de 10.000 tonnes de pétrole lourd, causant de graves dégâts à la flore et la faune, avec d'importantes répercussions sur la pêche et le tourisme. Les modifications de la législation actuelle proposées par la Commission visent à garantir que de tels accidents ne se reproduisent plus. Les propositions présentées dans la communication portent sur les mesures suivantes: - le contrôle des navires visitant les ports communautaires devrait être renforcé et les navires ne correspondant pas aux normes devraient être traités sévèrement; - les sociétés de classification devraient être contrôlées de façon plus approfondie. Ces sociétés sont responsables de vérifier la solidité des structures des navires; - les pétroliers à coque unique devraient être interdits dans les eaux de l'UE et éliminés progressivement selon un calendrier (basé sur le tonnage) similaire à celui adopté aux Etats-Unis. Dans une deuxième étape, la Commission envisage de soumettre, dans le courant de l'année, les propositions complémentaires suivantes: - échange systématique d'informations entre tous les acteurs de la communauté maritime; - amélioration de la surveillance de la navigation maritime; - création d'un organisme européen pour la sécurité maritime; - développement de mesures sur la responsabilité des différents acteurs dans le transport pétrolier par voie maritime. La Commission appelle également les sociétés pétrolières à conclure, avant même que la nouvelle législation ne devienne juridiquement contraignante, un accord volontaire prévoyant de ne pas affréter des pétroliers de plus de 15 ans. La Commissaire en charge du transport et de l'énergie, Mme Loyola de Palacio, a déclaré: "Je reconnais que l'action que nous recommandons aura des implications financières pour les États membres et pour l'industrie, mais nous devons trouver un équilibre. Ce n'est qu'en plaçant toutes les parties face à leurs responsabilités et en faisant respecter nos règles que les normes européennes seront appliquées et que nous pourrons réduire au minimum les risques pour notre environnement et protéger les intérêts de tous les citoyens européens."