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Les centres d'excellence: le modèle norvégien

Tandis que les discussions sur les nouveaux centres et réseaux d'excellence dans le Sixième programme-cadre se poursuivent, la Norvège est déjà bien avancée dans l'établissement de ses propres centres d'excellence nationaux. Partant du fait que la Norvège avait besoin d'améli...

Tandis que les discussions sur les nouveaux centres et réseaux d'excellence dans le Sixième programme-cadre se poursuivent, la Norvège est déjà bien avancée dans l'établissement de ses propres centres d'excellence nationaux. Partant du fait que la Norvège avait besoin d'améliorer les performances de sa R&D (recherche et développement), le gouvernement a chargé le conseil norvégien de la recherche de recommander des moyens de créer des centres d'excellence. Un livre blanc du parlement publié en 1998 a souligné la nécessité de veiller à la "qualité de la recherche", mettant en lumière des facteurs tels que les chiffres montrant que la Norvège se situe parmi les premiers pays européens, en matière d'articles scientifiques publiés par 1 000 habitants et de nombre le plus faible de citations de ces articles, pendant la période 1996-2000. Le conseil de la recherche s'est attelé à la tâche d'identifier les principales caractéristiques susceptibles de favoriser la prospérité des centres d'excellence proposés. Celles-ci incluent la nécessité de veiller à ce qu'ils reçoivent un financement généreux pendant 10 ans au moins, qu'une dimension internationale soit incluse dans la recherche, que les groupes de recherche impliqués soient composés d'un nombre raisonnable de membres, qu'il y ait une émulation intense pour obtenir le "statut de centre d'excellence" et aussi qu'ils forment des chercheurs. Le conseil norvégien de la recherche admet volontiers qu'une bonne partie de ces caractéristiques sont inspirées du modèle danois, qui s'est avéré très réussi. Ceci dit, le conseil de la recherche envisage la création de 10 à 20 centres auxquels serait attribué le statut de centre d'excellence, assorti d'un budget annuel de 10 à 20 millions de couronnes norvégiennes (soit 1,2 à 2,5 millions d'euros environ). Les centres peuvent être hébergés par des universités, des instituts de recherche ou même des centres de recherche du secteur privé. Les 129 candidatures à l'obtention du statut reçues à ce jour ont été posées en majorité par des universités (78 pour cent) et des instituts de recherche (21 pour cent). Le conseil de la recherche n'a pas écarté la possibilité de créer des centres d'excellence virtuels, ce qui permettrait une diffusion de l'expertise dans l'ensemble de ce très vaste pays. Les centres d'excellence donneront la priorité à la recherche fondamentale à long terme dans une série de domaines, avec un accent particulier sur la recherche marine, médicale, relative aux TIC (technologies de l'information et des communications), à l'énergie et à l'environnement. A ce jour, la plupart des applications ont été centrées sur des domaines relatifs à l'énergie et aux technologies industrielles et scientifiques. "La réussite des centres dépendra de leur composante internationale, déclare M. Viggo Mohr, conseiller senior de l'unité de politique scientifique du conseil de la recherche. Leur dimension internationale favorisera la qualité et servira de vitrine à la recherche norvégienne." Ceci aura des retombées positives dans un domaine que l'Union européenne s'efforce d'encourager - l'accroissement de la mobilité. "L'institution hôte d'un centre d'excellence devra s'occuper des problèmes pratiques des chercheurs", précise M. Mohr. Le critère déterminant permettant de décider à quels candidats le statut de "centre d'excellence" sera reconnu est l'évaluation. Pour rendre ce processus aussi transparent et objectif que possible, le processus de prise de décision est effectué par un groupe international de pairs. Chaque centre désigné comme hôte d'un centre d'excellence fait ensuite l'objet d'une évaluation des progrès réalisés au bout de trois ans et demi. "Pour se maintenir, un centre doit donc être bon", souligne M. Mohr.

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