Les chefs d'entreprise demandent à la Présidence espagnole de donner la priorité à l'innovation
La Présidence espagnole a été invitée par l'UNICE, l'Union des confédérations européennes de l'industrie et des employeurs, à se pencher sérieusement sur l'innovation et l'entrepreneuriat pendant son mandat. L'organisation a exprimé cet avis dans une lettre ouverte au Premier ministre espagnol, José María Aznar, le 11 janvier. Cette lettre a pour but d'attirer l'attention de la Présidence sur le fait que le sommet de Barcelone, qui aura lieu au printemps prochain, doit donner un coup de fouet aux réformes et aux mesures annoncées au sommet de Lisbonne en mars 2000. La résolution de Lisbonne visait à faire de l'Europe l'économie fondée sur la connaissance la plus dynamique et la plus compétitive du monde. "Cette promesse, faite il y a deux ans par les responsables de l'UE, n'a pas été tenue, regrette l'UNICE dans sa lettre. Nous sommes inquiets de constater que dix pour cent des lois européennes de l'UE adoptées en vue de favoriser l'ouverture des marchés n'ont tout simplement pas été appliquées au plan national... Nous avons déjà été déçus de nous rendre compte que l'un de leurs premiers effets concrets, l'adoption d'un brevet européen, a été manqué. Nous espérons fermement qu'une volonté politique plus affirmée saura dépasser les intérêts nationaux." Les auteurs de la lettre identifient six domaines où l'UNICE pense que des progrès doivent être faits, les deux premiers étant l'innovation et l'entrepreneuriat, pour lesquels l'organisation réclame un cadre juridique visant à réduire le fardeau administratif pesant sur les petites et moyennes entreprises (PME). Les autres domaines pour lesquels l'UNICE appelle à plus d'attention sont la flexibilité des marchés du travail et les disponibilités en compétences; les infrastructures de base; les services financiers; le marché intérieur et le développement durable. Elle appelle également à une plus grande libéralisation des services dans les secteurs de l'énergie, de la poste et des télécommunications, ainsi qu'à une application plus stricte des directives sur le marché intérieur et des actions cibles. Elle demande aussi que les entreprises soient soutenues dans la création de leur base de compétences, ce qui nécessite à la fois d'améliorer l'éducation de base et de permettre aux sociétés de "développer les compétences de leur main d'oeuvre". Certaines des questions mentionnées dans la lettre de l'UNICE figurent déjà à l'ordre du jour du sommet de Barcelone. Le principal objectif de la lettre de l'UNICE est de donner un nouvel élan au processus lancé à Lisbonne. "Dans le difficile contexte actuel, l'UE, la seconde économie la plus importante du monde, doit être capable d'agir comme un moteur de la croissance économique, mais jusqu'ici elle n'a pas été en mesure de développer pleinement son potentiel", déclarent les signataires de la lettre. Par ailleurs, le document approuve l'inclusion des pays candidats dans le processus de Lisbonne. Ses auteurs soulignent que la lettre est signée par tous les présidents des fédérations UNICE de tous les Etats membres de l'UE, une première en 50 ans d'existence.
Pays
Espagne