Les parlementaires invitent les Etats membres à investir davantage dans la recherche
Philippe Busquin, Commissaire à la Recherche, a reçu le 26 novembre un soutien unanime de la commission de l'industrie et de la recherche du Parlement européen en faveur de son appel à ce que les gouvernements honorent les promesses formulées au sommet de Barcelone et augmentent leurs investissements dans la recherche de 1,9 pour cent du PIB à quelque 3 pour cent d'ici 2010. M. Busquin a souligné que "ce chiffre est un objectif général pour l'UE; chaque Etat membre ne doit pas l'atteindre, mais tous doivent y contribuer". Il a ajouté que seuls deux Etats membres, la Finlande et la Suède, respectent ce niveau. Le Commissaire a averti les gouvernements que l'UE pourrait plonger dans le déclin si elle ne se conforme pas à cet objectif. Au cours des 10 dernières années, la concurrence, principalement des Etats-Unis et du Japon, n'a cessé de s'exacerber. Les Etats-Unis ont investi 120 milliards d'euros dans la recherche en 2000, soit 75 pour cent de plus que l'UE. M. Erkki Ormala, Directeur de la recherche auprès de Nokia et membre de la Table ronde européenne des industriels, a également mis en exergue que l'Europe doit créer des plates-formes de recherche, où les scientifiques européens pourraient élaborer des solutions à l'échelle européenne aux enjeux suscités par les marchés mondialisés. "A l'heure actuelle, la recherche européenne est trop fragmentée entre les politiques de recherche nationales", a-t-il affirmé. La commission, sous la présidence de Carlos Westendorp Y Cabeza, a témoigné d'une réaction pratiquement unanime, qui démontrait son inquiétude. Yves Piétrasanta, membre français du Parlement européen, a exprimé ses préoccupations à l'égard du budget français: "Le nouveau gouvernement investira l'année prochaine 13 pour cent de moins dans la recherche qu'en 2002." L'eurodéputé autrichien Paul Rübig a fait remarqué à la commission que la notation de crédit des entreprises européennes qui ont consenti de lourds investissements dans l'innovation s'est détériorée, et le Britannique John Purvis a ajouté que la saga du brevet européen frisait la catastrophe et exhorté les ministres à s'atteler sérieusement à résoudre le problème. Enfin, Gérard Caudron, MPE français, s'est montré préoccupé par le moratoire sur la recherche relative aux cellules souches embryonnaires et s'est demandé ce qu'il adviendrait si les Etats membres ne parvenaient pas à un accord sur les questions éthiques.