L'application des nouvelles technologies à la sécurité routière requiert une approche intégrée, selon M. Liikanen
Le développement du type adéquat de technologies de sécurité routière passe nécessairement par une approche intégrée prenant en compte le conducteur, le véhicule et l'infrastructure routière, a déclaré le Commissaire aux Entreprises et à la Société de l'information, Erkki Liikanen, le 3 avril. S'exprimant à l'occasion d'un congrès de l'association allemande de l'industrie de l'automobile (VDA), M. Liikanen a observé que l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC) est un élément clé de l'initiative eSécurité de la Commission visant à renforcer la compétitivité dans les industries européennes, et en particulier l'industrie de la construction automobile. "Pour promouvoir le développement de l'industrie européenne de l'automobile, nous devons examiner les facteurs spécifiques qui influencent sa compétitivité, l'un de ceux-ci étant les technologies de sécurité et de protection de l'environnement", a-t-il expliqué. Les nouvelles technologies ont déjà été utilisées pour développer des capteurs, des actionneurs et des processeurs appropriés. Ces développements ont permis de mettre en oeuvre à grande échelle certains systèmes autonomes embarqués apportant des avantages en matière de sécurité, comme l'airbag. D'autres systèmes, tels que les programmes électroniques de stabilité, aident les conducteurs à garder le contrôle de leur véhicule même lorsqu'ils dépassent ses "limites normales de tenue de route". Aujourd'hui, "les voitures modernes intègrent beaucoup plus d'informatique que le vaisseau spatial qui a emmené l'homme sur la lune. De nos jours, une voiture de tourisme ordinaire est équipée d'un nombre substantiel de capteurs qui génèrent des informations utilisées par de nombreux processeurs pour améliorer la sécurité, le confort et le respect de l'environnement", a dit M. Liikanen. Toutefois, on ne fera pas diminuer le nombre d'accidents mortels en se contentant d'améliorer les voitures. "Il faut aussi que les conducteurs soient mieux formés et encouragés à respecter le code de la route. A cet égard, une grande partie des responsabilités incombe aux autorités routières locales et nationales", a affirmé le Commissaire. Des systèmes intégrés intelligents de sécurité routière peuvent toutefois jouer un rôle significatif dans la réduction du nombre d'accidents, selon M. Liikanen. "Ces systèmes prendront en compte non seulement le chauffeur et le véhicule, mais également l'environnement où circule celui-ci. Les systèmes seront coopératifs: des renseignements essentiels pour la sécurité seront échangés entre les véhicules, et avec l'infrastructure." M. Liikanen a mis en lumière les nouvelles opportunités de financement offertes par le Sixième programme-cadre pour la sécurité intégrée intelligente, ainsi que le nouvel instrument de projets intégrés (PI) en tant que moyen de parvenir à la masse critique d'activités et de ressources nécessaires dans ce domaine. Enfin, le Commissaire a souligné les travaux du forum eSécurité récemment créé, dont la mission consiste à contrôler et promouvoir le déploiement de tels systèmes. A ce jour, quatre groupes ont été mis sur pied pour s'occuper du eCall, des données sur les causes des accidents, des modèles de gestion et de l'interface homme-machine. Sa première réunion plénière aura lieu le 22 avril et l'on espère que le forum contribuera à "ouvrir la voie à un large déploiement de nouvelles technologies."