Un projet de l'UE permet d'évaluer la meilleure méthode pour tirer parti de l'analyse comparative
L'analyse comparative - un outil d'ouverture vers l'extérieur employé pour identifier les meilleures pratiques et les bonnes performances afin d'apporter des améliorations à un produit ou un processus - est déjà une pratique bien établie et reconnue dans le secteur du transport privé. En outre, au cours de la dernière décennie, les pouvoirs publics ont commencé à évaluer la valeur de cet outil. Reconnaissant ce potentiel encore inexploité, la Commission européenne a financé un projet pour réfléchir aux meilleurs moyens d'utiliser l'analyse comparative afin de soutenir et d'améliorer l'élaboration des politiques dans le secteur du transport aux niveaux européen et national. Financé au titre du programme GROWTH (croissance compétitive et durable) du Cinquième programme-cadre (5ème PCRD), le projet BEST (analyse comparative du transport durable en Europe), qui vient de s'achever, a réuni des partenaires de cinq Etats membres, ainsi que de Pologne et de Norvège. Lucy Gordon, coordinatrice du projet, a déclaré à CORDIS Nouvelles: "Si le projet BEST ne doit pas être considéré de manière isolée, car il repose sur les conclusions de projets pilotes d'analyse comparative menés dans le secteur du transport et financés par l'UE, il s'agit de la première tentative de la Commission de créer un réseau complet d'analyse comparative voué au transport au niveau européen." En trois ans de travaux intensifs, le réseau a rapproché plus de 300 participants, à savoir des experts du transport, des décideurs politiques dans ce domaine et d'autres parties prenantes, qui ont ainsi pu échanger leurs connaissances et faire part de leurs expériences en matière d'analyse comparative, entre autres dans le secteur du transport. Le réseau a été structuré autour d'une série de six conférences consacrées à différents aspects de l'analyse comparative, notamment l'identification d'indicateurs et les principes de cette pratique. Les principaux participants aux conférences étaient des représentants des ministères du Transport des Etats membres et des pays candidats à l'adhésion. Comme l'a expliqué Mme Gordon, leur rôle a été primordial dans la réussite du projet: "En invitant à nos conférences des représentants des ministères du Transport, nous les avons encouragés à découvrir les techniques alternatives d'analyse comparative et à faire part de ces nouvelles idées à leurs pouvoirs publics respectifs et aux opérateurs privés. D'une certaine manière, nous avons cherché à faire de ces représentants des "ambassadeurs de l'analyse comparative." Les résultats des conférences BEST ont par ailleurs été utilisés dans le cadre d'un autre projet de recherche "affilié" sur le transport, à savoir BOB (analyse comparative de l'analyse comparative), réalisé parallèlement au projet BEST. Les conclusions du projet BOB ont ensuite été transmises aux conférences où elles ont fait l'objet d'un débat complémentaire. "L'objectif des projets pilotes était de servir de laboratoire pour tester concrètement les recommandations émises par BEST, évaluer les avantages que représente l'analyse comparative dans le secteur du transport, et réfléchir au rôle qu'elle joue en termes de réalisation des objectifs politiques en matière de transport et d'information", a commenté Mme Gordon. "Si le projet BEST a donné lieu à de nombreuses conclusions, certaines des plus précieuses (notamment l'apprentissage et l'échange d'expertise) sont abstraites, et il nous faudra plus de temps pour les appliquer et les intégrer. Ces projets ne marquent que le début d'une démarche de longue haleine", a déclaré Mme Gordon, en ajoutant: "Le message le plus puissant des participants au réseau a été que la Commission se doit d'agir comme un catalyseur en facilitant l'élaboration d'un cadre propice à la pérennité du réseau et en promouvant l'application de l'analyse comparative, pas forcément avec des moyens financiers, mais à travers un soutien politique et "moral"." "Cependant, à l'heure actuelle, aucune activité de suivi du réseau n'est envisagée par la Commission, a poursuivi Mme Gordon. Lorsque nos rapports définitifs auront été approuvés par la Commission, ils seront accessibles via le site Internet du projet et diffusés par l'intermédiaire de CORDIS", a-t-elle ajouté.
Pays
Belgique, Allemagne, Espagne, France, Pays-Bas, Norvège, Pologne