Prix européens des jeunes scientifiques
La cérémonie de remise des prix du 15ème concours européens pour jeunes scientifiques s'est déroulée le 25 septembre à Budapest (Hongrie). Au terme d'une semaine de délibérations portant sur un total de 75 dossiers, un jury international composé de 11 scientifiques a décerné trois premiers prix, d'une valeur individuelle de 5.000 euros, à trois jeunes scientifiques issus d'Allemagne et de Hongrie. Trois deuxièmes et troisièmes prix, ainsi que quatre prix d'honneur et sept prix spéciaux, ont également été attribués. La dotation totale des prix s'élevait à 28.500 euros. Le président du jury, Ulf Merbold, de l'Agence spatiale européenne, a déclaré à CORDIS Nouvelles que la sélection des lauréats a été extrêmement difficile en raison de la diversité des disciplines représentées et de leur qualité exceptionnelle. "Dans l'ensemble, je suis réellement impressionné par les candidatures de cette année", a-t-il affirmé. "Ces jeunes sont à mes yeux l'avant-garde de la future communauté scientifique européenne." A 18 ans, Uwe Treske, étudiant dans une école secondaire à Hambourg, a été récompensé pour son projet de microscope à effet tunnel bon marché, qu'il a conçu avec seulement 50 euros. Gábor Németh, le gagnant hongrois âgé de 19 ans, a fait preuve d'une capacité d'innovation similaire en mettant au point un ensemble de haut-parleurs haute-fidélité à plasma. Jana Invanidze, 19 ans, a également décroché un premier prix pour ses recherches sur le pH intracellulaire du réticulum endoplasmique, un organite cellulaire jouant un rôle dans la synthèse protéinique. Ses découvertes pourraient contribuer à l'élaboration de futures thérapies hormonales. Ce concours fait partie du programme "Science et société" du Sixième programme-cadre. Il doit inciter les jeunes à poursuivre leur intérêt dans les sciences et à embrasser une carrière scientifique. Certains lauréats ne semblaient toutefois nécessiter aucun encouragement. Mme Invanidze a raconté à CORDIS Nouvelles qu'elle a commencé à plancher sur son projet il y a cinq ans, lorsqu'elle a été attirée par la biologie et la chimie. "Je ne souhaitais pas seulement lire des ouvrages, mais aussi découvrir en quoi consiste le travail en laboratoire", a-t-elle commenté. "J'ai dû énerver une foule de personnes avant d'être admise dans un laboratoire à l'Université de Munich", a ajouté Mme Invanidze. Grâce à l'aide d'un professeur large d'esprit, Mme Invanidze a eu la possibilité de participer à un certain nombre de projets en cours à l'université et a beaucoup appris sur la biologie moléculaire et la biochimie. En dépit de son enthousiasme à l'idée de remporter le prix, Mme Invanidze a indiqué que cette distinction n'a pas affecté ses projets d'entamer des études de médecine à l'automne. "Bien entendu, il est extrêmement motivant qu'un jury d'un niveau aussi élevé juge mes travaux les meilleurs", a-t-elle confié à CORDIS Nouvelles. "Cela a aiguisé mon souhait d'effectuer un doctorat après mon diplôme." Lors de la remise des prix, Achilleas Mitsos, Directeur général de la Recherche, s'est dit très encouragé par la passion palpable des sciences parmi les participants. "Les jeunes et les sciences sont l'avenir", a-t-il proclamé. "L'équation est on ne peut plus simple: si nous souhaitons que l'UE prospère, les sciences doivent être notre principal sujet de préoccupation." M. Mitsos a toutefois précisé que les sciences ne peuvent être imposées à la société, mais qu'un dialogue entre les citoyens et le monde scientifique est indispensable. "Les jeunes scientifiques doivent être considérés comme un élément essentiel de ce dialogue", a-t-il affirmé. "Si nous ne parvenons pas à trouver le moyen de rendre à nouveau les carrières scientifiques attrayantes et les sciences agréables pour les jeunes, nous aurons échoué." La Commission investit en ce moment 80 millions d'euros dans des activités destinées à rehausser la communication entre les sciences et la société. "Ce concours n'est qu'une facette d'une politique complexe que nous tentons de mettre en oeuvre pour promouvoir les sciences", a expliqué M. Mitsos à CORDIS Nouvelles, ajoutant que plusieurs projets sont actuellement finalisés dont les membres étudieront les possibilités d'amélioration de l'enseignement scientifique dans les écoles primaires.
Pays
Hongrie