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La première dissémination à grande échelle d'un produit nanotechnologique dans l'environnement suscite l'inquiétude

Un groupe d'action international a manifesté son inquiétude à la suite de la plus importante dissémination dans l'environnement à ce jour d'un produit élaboré à l'aide des nanotechnologies. Une solution destinée à prévenir l'érosion a été pulvérisée sur 560 hectares de terres...

Un groupe d'action international a manifesté son inquiétude à la suite de la plus importante dissémination dans l'environnement à ce jour d'un produit élaboré à l'aide des nanotechnologies. Une solution destinée à prévenir l'érosion a été pulvérisée sur 560 hectares de terres appartenant aux Indiens de Taos Pueblo, aux Etats-Unis, après qu'un incendie a détruit 2 000 hectares dans une région considérée sacrée par la communauté des Premières nations. Cet incendie a exposé le flanc de la montagne à l'érosion et menacé les ressources aquifères de la communauté. Réalisé sous forme d'aérosol et largué par des hélicoptères, le produit a pour effet d'amener les particules de silicate à s'assembler spontanément en présence d'eau, produisant ainsi une matrice cristalline. Celle-ci joue le rôle d'un paillis, qui empêche l'érosion tout en permettant aux semences ajoutées au mélange de s'implanter dans le sol. Le groupe ETC (érosion, technologie et concentration) craint qu'un nouveau produit nanotechnologique n'ait été disséminé dans l'environnement en l'absence de toute étude sur ses conséquences potentielles. Il saisit cette occasion pour appeler une nouvelle fois à "un débat de société général sur les nanotechnologies" et à "une réglementation fondée sur le bon sens". "Le groupe ETC s'inquiète qu'une commercialisation (.)se déroule hors du contrôle des agences réglementaires parce que la nouveauté des nanotechnologies réside dans leur échelle, et pas nécessairement dans les matériaux souvent traditionnels qu'elles utilisent. Les matériaux témoignent de comportements particuliers, et parfois, imprévisibles lorsqu'ils sont réduits à l'échelle nanométrique, même si leur composition chimique reste inchangée", peut-on lire dans un récent communiqué du groupe d'action. Bien que le débat s'amorce peut-être plus lentement que ne le souhaiterait le groupe ETC, les politiques européens commencent aujourd'hui à exiger des recherches complémentaires sur les effets secondaires potentiels des nanotechnologies. La commission de l'industrie, du commerce extérieur, de la recherche et de l'énergie du Parlement européen a demandé à ce qu'une étude soit menée quant à la nécessité de nouvelles réglementations sur les nanotechnologies, tandis qu'au Royaume-Uni, la commission parlementaire scientifique doit discuter de ce thème en novembre. Au niveau de l'UE, la Commission européenne finance d'ores et déjà un certain nombre de projets de recherche sur la sécurité des nanotechnologies, et l'aspect de la sécurité sera également abordé dans des projets exécutés dans ce domaine au titre du Sixième programme-cadre (6ème PCRD). Ainsi, les participants au projet NANOSAFE examinent les risques inhérents à la production, à la manipulation et à l'utilisation de nanoparticules dans les procédés et les produits industriels, ainsi que dans les produits de consommation. Les résultats devraient indiquer les risques auxquels sont exposés les travailleurs et les consommateurs, et permettre de recommander des mesures réglementaires et des codes de bonnes pratiques. Dans d'autres projets, des scientifiques étudient l'efficacité de la peau en tant que barrière aux particules ultrafines parfois employées dans les produits de soins corporels et les produits nettoyants ménagers, ou travaillent sur l'identification et l'importance des nanoparticules de nature exogène dans les processus pathologiques. Le groupe ETC rédige actuellement, en collaboration avec des partenaires, une convention internationale pour l'évaluation des nouvelles technologies, qu'il espère présenter aux Nations unies en 2004.

Pays

États-Unis