L'EER existe déjà dans la recherche sur la fission nucléaire, selon un chef d'unité de la Commission
Dans une interview accordée à CORDIS Nouvelles, Hans Forsström, chef de l'unité Fission nucléaire et radioprotection de la Commission, a déclaré que l'Espace européen de la Recherche (EER) est déjà en place dans le domaine de la recherche nucléaire et que les rapprochements opérés grâce à la succession de programmes-cadres y ont largement contribué. M. Forsström a expliqué que le premier programme-cadre européen était en fait, dans les années 1970, un programme Euratom, ce qui démontre que la collaboration est bien établie dans le domaine de la recherche nucléaire. "Il est clair que dans un domaine dans lequel la coopération existe depuis longtemps, on pourrait affirmer que l'Espace européen de la Recherche est déjà en place. Cela signifie que les partenaires se connaissent et qu'ils formulent ensemble des propositions," a précisé M. Forsström, qui s'est déclaré très satisfait de la réponse au premier appel à propositions au titre du Sixième programme-cadre (6ème PCRD) pour lequel 21 projets ont été retenus en vue d'un financement. Interrogé sur l'obstacle que peuvent représenter les liens étroits entre les acteurs de la recherche nucléaire pour les nouveaux partenaires potentiels, tels que les organisations des pays en phase d'adhésion, M. Forsström a affirmé que rien ne s'oppose, pour ceux qui possèdent un savoir-faire, à la participation à un consortium communautaire. Selon lui, les organisations efficaces - qui sont d'ailleurs nombreuses - n'ont aucune difficulté à rejoindre des réseaux déjà constitués et qu'elles ont déjà établi de bons contacts. M. Forsström a ajouté qu'en ce qui concerne les projets sélectionnés pour un financement dans le cadre du premier appel pour le 6ème PCRD, la proportion de participants des pays en phase d'adhésion est relativement bonne, même s'il est très difficile, pour les nouvelles organisations de ces pays, d'accéder à la position de responsable d'un projet. "Cela prend du temps", a-t-il précisé. Les projets sélectionnés pour un financement sont essentiellement des projets intégrés, mais comprennent également des réseaux d'excellence et un petit nombre de projets moins volumineux. Au total, le financement communautaire dont bénéficieront les consortiums sera de 67 millions d'euros. M. Forsström a expliqué à CORDIS Nouvelles que si les thèmes couverts par les projets ne sont pas des nouveautés pour les programmes-cadres, la façon de regrouper tous les aspects est quant à elle nouvelle. L'un des projets, par exemple, traite de l'élimination des déchets radioactifs, par le recours au stockage des déchets dans un grand conteneur qui est ensuite enterré en profondeur et enfoui dans un matériau spécial. Alors que les projets de recherche précédents avaient examiné les divers aspects de la proposition, le nouveau projet intégré couvrira l'évolution des conditions eu égard au conteneur, au matériau d'enfouissage et aux déchets eux-mêmes. Le projet regroupe des organisations intervenant à tous les niveaux de l'élimination des déchets. Selon M. Forsström, le 6ème PCRD présente un nouvel aspect qui consiste à regrouper davantage les domaines. L'éducation et la formation occupent également une place beaucoup plus importante dans les projets financés au titre du 6ème PCRD. Elles se situent notamment au centre du projet NEPTUNO, dans le domaine de l'ingénierie et de la technologie nucléaires. Un réseau d'universités et de centres de recherche a été établi dans le cadre de ce projet afin d'étudier la mise en place d'un programme commun d'ingénierie et de technologie nucléaires, le but ultime étant la création d'un programme de Masters européen. RISC-RAD est un autre projet particulièrement innovant: il portera sur l'évaluation de l'interaction entre les radiations et les cellules. Le processus peut détruire ou perturber le mécanisme naturel d'autoréparation des cellules et avoir des conséquences pour la santé humaine. Le projet PERFECT couvre un autre effet secondaire des radiations. Il reposera sur une modélisation mathématique simulant l'impact des radiations sur l'acier. Le consortium tentera de construire un "réacteur virtuel" qui permettrait de réduire le nombre de tests nécessaires et donc de réaliser des économies de temps et d'argent. Le projet est coordonné par une centrale électrique dont le but est de déterminer la durée d'exploitation restante possible pour ses réacteurs. Un second appel à propositions est actuellement ouvert, et ce jusqu'au mois d'avril. M. Forsström pense que les thèmes couverts par cet appel complètent ceux du premier. Un appel à manifestations d'intérêt est actuellement en cours de préparation dans la perspective du troisième appel à propositions. Il visera à déterminer les domaines qui n'ont pas été couverts et ceux pour lesquels les parties prenantes souhaiteraient soumettre une proposition.