La famille freine plus la mobilité internationale des femmes chercheurs que des hommes, selon une étude
Une étude française a révélé que la difficulté de concilier carrière professionnelle et responsabilités familiales entrave la mobilité internationale des femmes chercheurs. Si les femmes docteurs qui entament un postdoctorat sont aussi nombreuses que les hommes, le mariage et la maternité affectent la productivité scientifique des femmes et l'avancement de leur carrière. L'étude souligne la nécessité de prêter une attention particulière aux spécificités des carrières de la recherche et de promouvoir l'égalité entre hommes et femmes sur ces aspects et à ce titre, l'étude est en phase avec la communication de la Commission sur les carrières de la recherche. " Il faudrait toutefois un changement culturel plus profond au sein de la communauté scientifique pour faciliter les progrès vers l'égalité des genres ", affirme Philippe Moguérou, de l'IREDU, l'Institut français de recherche sur l'éducation. L'étude a porté sur 504 docteurs en science et technologies (S&T) (physique, chimie, biologie et mathématiques) cinq ans après la fin de leur thèse. Dans cet ensemble, plus de 50% des docteurs ont entamé un postdoctorat. Il semble que les femmes sont davantage susceptibles de passer ce cap: 69% des femmes avaient un postdoctorat et 28% en avaient deux ou plusieurs, contre 53 et 17% respectivement du côté des hommes. Toutefois, les femmes avaient plus de chances de rester en France pour leurs études que les hommes. En effet, l'étude a démontré que 71% des hommes docteurs réalisaient leur postdoctorat à l'étranger, contre 51% pour les femmes. Les femmes étaient également moins susceptibles de réaliser un postdoctorat aux États-Unis que dans d'autres pays européens. Selon l'étude, ces chiffres s'expliquent par le mariage et la maternité. Le facteur familial pèse davantage sur la décision d'une femme d'entreprendre ou non un postdoctorat à l'étranger que sur la décision d'un homme. En effet, si un mariage à l'issue de la thèse a contribué à réduire de 10% pour les deux sexes la probabilité d'effectuer un postdoctorat aux États-Unis et a accru de 5% la probabilité de le réaliser en France, cet effet est plus significatif chez les femmes que chez les hommes. Les femmes docteurs mariées ont 16% de chances en moins d'effectuer un postdoctorat aux États-Unis que les femmes non mariées.
Pays
France