Les modifications génétiques peuvent nous aider à résoudre les problèmes dus au changement climatique, selon certains scientifiques
Le génie génétique pourrait nous aider à réduire les effets du réchauffement planétaire sur les espèces indigènes de plantes et d'arbres, ont déclaré des scientifiques lors d'une réunion à Londres de la Royal Horticultural Society (RHS). À cette réunion, qui s'est déroulée le 16 mars, des scientifiques ont aussi affirmé que, pour l'horticulture, les bénéfices pouvant résulter des modifications génétiques étaient si évidents que les jardiniers réussiraient peut-être ce que l'industrie des biotechnologies n'a pas réussi jusqu'à présent: rendre les modifications génétiques acceptables. "Nous ne devrions pas laisser les scandales liés aux produits génétiquement modifiés disponibles actuellement, qui font appel à une technologie comparativement primitive, nous empêcher de percevoir les bénéfices acceptables pour l'environnement qu'une technologie de modifications génétiques plus sophistiquée pourrait apporter", a déclaré le Dr Phil Gates, spécialiste en biologie végétale à l'université de Durham. Simon Thornton-Wood, chef scientifique de la RHS, était du même avis: "Il existe des solutions à toutes sortes de problèmes comme le changement climatique ainsi que tous les problèmes d'insectes nuisibles et de maladies que nous connaissons aujourd'hui [...] et ces solutions pourraient résider en grande partie dans les modifications génétiques". Il reste néanmoins à voir si l'opinion publique permettra aux scientifiques de mener de telles recherches. Les scientifiques prédisent que les températures moyennes pourraient augmenter de deux degrés centigrades sur les 50 prochaines années. Cette augmentation aurait pour effet un déplacement progressif vers le nord des zones de culture tempérées. M. Thornton-Wood a expliqué que, même si ces deux degrés pouvaient paraître un changement minime, ils pourraient avoir un impact significatif sur les conditions de culture de tous les types de plantes. Il faut en effet savoir que dans certaines régions de l'Europe, certains fruits et plantes ont besoin d'un gel tôt dans la saison pour pouvoir croître correctement. Les scientifiques s'accordent pour dire que ces changements, notamment l'élévation des températures et la diminution des précipitations, sont inévitables, et qu'il est donc temps de voir ce que l'on peut faire pour gérer cette situation. Pour ce qui est de l'horticulture, les entreprises de biotechnologie américaines ont déjà produit des pelouses génétiquement modifiées qui poussent plus lentement que le gazon ordinaire et supportent mieux la sécheresse. De même, selon le Dr Gates, la technologie des modifications génétiques pourrait soulager les personnes souffrant du rhume des foins car elle permettrait de produire des plantes et des arbres n'émettant pas de pollen. Au rang des autres avantages, citons également les plantes herbacées résistantes au gel et les plantes capables d'absorber les sels nutritifs plus efficacement et qui ont donc besoin de moins d'engrais. "J'ai l'impression que les jardiniers accueilleront mieux ce type de technologie que les autres consommateurs, a ajouté le Dr Gates. "Les jardiniers ont une longue histoire d'innovations et de nouveautés. Ils n'ont pas de scrupule à croiser les espèces ou à créer des mutants. De nombreuses roses de nos parterres sont des hybrides provenant de croisements impliquant jusqu'à six espèces." Les nouvelles technologies organiques peuvent aussi rendre les jardiniers moins dépendants des pesticides et engrais chimiques. "Ce débat va plus loin que la question de la sécurité alimentaire. Il pourrait concerner certains aspects inattendus de notre vie", a été la conclusion de M. Thornton-Wood.
Pays
Royaume-Uni