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Contenu archivé le 2023-01-20

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Les scientifiques se concentrent sur les aspects positifs de la mobilité plutôt que sur la fuite des cerveaux

La notion de "fuite des cerveaux" est exagérée, ont affirmé les participants à une conférence internationale intitulée "Fuite ou circulation des cerveaux: de nouveaux défis", qui s'est tenue à Paris le 30 juin dernier. La mobilité, aspect essentiel en sciences, est bénéfique p...

La notion de "fuite des cerveaux" est exagérée, ont affirmé les participants à une conférence internationale intitulée "Fuite ou circulation des cerveaux: de nouveaux défis", qui s'est tenue à Paris le 30 juin dernier. La mobilité, aspect essentiel en sciences, est bénéfique pour les chercheurs sur le plan des connaissances, "S'ouvrir pour penser" ayant été le principal message de la conférence. Toutefois, les participants ont également insisté sur la nécessité pour les pays européens d'offrir des perspectives de carrière attrayantes afin d'encourager leurs jeunes chercheurs à rester sur le continent. En effet, la recherche montre que les scientifiques européens qui restent longtemps hors de leur pays constituent pour ce dernier une perte économique. "L'UE développe enfin son potentiel scientifique. Nous devrions en être fiers, mais il reste encore beaucoup à faire pour attirer et valoriser les scientifiques", a dit Alexandre Quintanilha, directeur de l'Institut de biologie moléculaire et cellulaire de l'université de Porto. "Nous devons bouger plus vite et plus activement." À l'heure actuelle, les mesures nationales et européennes visant à aider les jeunes chercheurs dans leurs choix de carrière s'articulent autour de trois axes: les possibilités de mobilité tout au long de la carrière, les chercheurs des pays tiers, et le retour et la réintégration des chercheurs nés dans l'UE. Cette conférence avait pour but d'examiner les possibilités de développement de programmes de retour attractifs et de réseaux d'expatriés à l'intention des scientifiques européens qui travaillent pour l'instant en dehors de l'UE. "La plupart des jeunes chercheurs européens qui étudient ou travaillent à l'étranger veulent rentrer dans leur pays", a expliqué Elisabeth Giacobino, directrice de la recherche au ministère français de la recherche et de l'éducation. "Dès lors, il est important de rendre plus attractif le retour au pays. Ce retour doit impliquer non seulement des stimulants financiers mais aussi davantage de responsabilités pour les chercheurs." Selon les participants, le problème dont souffre l'Europe est le manque de perspectives de carrière. Il n'y a pas assez de formations de troisième cycle et peu ou pas de programmes de troisième cycle structurés. De plus, les activités à l'étranger sont souvent insuffisantes, voire inexistantes. "Le problème de l'Europe, a ajouté Philippe Busquin, Commissaire européen à la Recherche, est le manque de mobilité intersectorielle. Ce compartimentage de nos structures est une menace pour notre économie. L'Europe doit élargir sa vision et présenter une image plus positive des chercheurs." Le Dr David Schindel, responsable du bureau européen de la National Science Foundation (NSF), a présenté les grandes différences entre les approches européenne et américaine de la science et de la technologie. "Aux États-Unis, la philosophie suivie consiste à intégrer l'éducation et la recherche", a-t-il expliqué. "Nous avons une vision pluridimensionnelle de l'excellence ainsi qu'une approche très souple. Nous recherchons la valeur ajoutée." L'approche américaine, a ajouté le Dr Schindel, consiste à offrir aux chercheurs une subvention de recherche substantielle et flexible. Dès que l'organisme subventionneur a établi que le projet valait un financement, il octroie la subvention au chercheur, qui peut alors disposer du montant comme bon lui semble. De plus, les universités américaines reçoivent des "fonds à recouvrement intégral des coûts", un concept qui n'a pas encore atteint l'Europe, a ajouté le Dr Schindel. Le Dr Jacek Kuznicki, directeur de l'Institut international de biologie moléculaire et cellulaire à Varsovie, un scientifique qui a passé 27 ans aux États-Unis avant de retourner en Pologne pour ouvrir son institut, a suggéré à l'Europe de suivre le modèle américain de plus près en donnant "plus d'opportunités d'autonomie précoce aux jeunes chercheurs, plus de subventions pour les projets basés sur des hypothèses, et en imposant moins de paperasserie concernant le financement et les rapports". Antonio Giordano, directeur de l'Institut Sbarro de recherche sur le cancer et de médecine moléculaire, pense de même, estimant que le système européen souffre d'un problème de hiérarchie empêchant les jeunes de progresser pour réaliser leur plein potentiel. La seule solution consiste à développer des perspectives de carrière intéressantes pour les scientifiques en Europe, a affirmé Raffaele Liberali, directeur du département Ressources humaines, mobilité et actions Marie Curie à la Commission européenne. Rémi Barré, du CNAM français (Centre national des arts et métiers), a souligné ce point en disant ceci: "Si les jeunes chercheurs partent, c'est parce que leur pays n'a rien à leur offrir. Combien de jeunes scientifiques américains quittent leur pays? Très peu." La nécessité d'établir une mise en réseau scientifique au niveau mondial est une idée que l'on a souvent évoquée lors de la conférence. Le programme "Servir la nation" du gouvernement chinois a été considéré comme un bon exemple de la valeur des réseaux virtuels de chercheurs expatriés. En effet, l'Association des biologistes chinois aux États-Unis joue un grand rôle dans l'émergence de l'industrie des nanotechnologies en Chine. "En se focalisant sur la créativité, on rendra l'Europe plus compétitive et on lui donnera la possibilité de vraiment mener le jeu", a conclu Mauro Ferrari, professeur à l'université d'État de l'Ohio.

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