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Sans connaissance, pas d'avenir, selon le commissaire Potocnik

Si l'UE entend établir un leadership durable, elle doit exploiter le triangle de la connaissance - création, diffusion et exploitation - par la recherche, l'éducation et l'innovation, déclare Janez Potocnik, commissaire européen en charge de la science et de la recherche. S'...

Si l'UE entend établir un leadership durable, elle doit exploiter le triangle de la connaissance - création, diffusion et exploitation - par la recherche, l'éducation et l'innovation, déclare Janez Potocnik, commissaire européen en charge de la science et de la recherche. S'exprimant le 2 février dernier sur "l'avenir de la R&D [recherche et développement] comme facteur de la compétitivité européenne", M. Potocnik a expliqué que l'UE poursuit un objectif de leadership et de compétitivité à travers un septième programme-cadre (7e PCRD) orienté vers une exploitation de la connaissance au service de la croissance et davantage axé sur les besoins de l'industrie et des petites et moyennes entreprises (PME), sur de nouvelles politiques migratoires visant à attirer les travailleurs du secteur de la connaissance et sur un cadre communautaire révisé applicable aux aides d'État et aux incitants fiscaux dans le domaine de la R&D. "Les marchés émergents sur lesquels nos entreprises doivent être concurrentielles revêtent une dimension de plus en plus mondiale et font de plus en plus appel aux technologies. Forts de l'arme de la connaissance, nous pouvons faire la différence en proposant des produits, des services et des procédés nouveaux et de meilleure qualité. Prise dans son ensemble, l'économie européenne souffre d'une lacune spécifique, à savoir qu'elle investit trop peu dans la R&D. Par ailleurs, elle est assez spécialisée dans les secteurs de moyenne à basse technologie", a déclaré M. Potocnik. "Pour adapter l'Europe aux marchés de l'avenir, il faudra opérer un changement structurel axé sur une plus haute technologie et sur des contenus de valeur dans chaque secteur concerné, ainsi qu'un changement encore plus significatif au niveau transsectoriel", a ajouté le commissaire. Pour mettre en place des conditions-cadres adaptées à l'activité de la recherche en Europe, la Commission adoptera un cadre communautaire entièrement révisé pour les aides d'État dans le secteur de la R&D, lequel sera plus favorable aux initiatives venant en aide aux efforts de recherche des entreprises, a déclaré M. Potocnik. Des incitants fiscaux, de plus en plus appréciés des États membres, seront proposés, de même que des mesures concernant le recrutement, la carrière et la mobilité des chercheurs, le rôle des fondations dans le financement de la R&D, le rôle des marchés publics transnationaux dans la stimulation de l'innovation et la coopération et le transfert de technologies entre la recherche publique et l'industrie. À propos de l'adoption prochaine par le Conseil d'une directive sur les visas des chercheurs de pays tiers, M. Potocnik a plaidé en faveur d'une politique migratoire consciencieuse et souple visant à attirer les meilleurs talents des quatre coins du monde. Le développement d'une Europe de la connaissance exige un certain niveau de ressources, a insisté le commissaire, affirmant que le doublement du financement de la recherche proposé par la Commission dans le cadre des prochaines perspectives financières - de cinq à dix milliards d'euros par an - est essentiel à plus d'un titre. "Tout d'abord", a déclaré M. Potocnik, "pour montrer que nous comprenons quel est le problème qui se pose aujourd'hui et où se situent les opportunités de demain. […] En second lieu, pour faire preuve de cohérence par rapport aux engagements déjà pris, notamment l'objectif des 3 %. Il serait difficile d'expliquer que l'UE demande à ses États membres d'investir davantage dans la recherche sans le faire elle-même. Et troisièmement, pour renforcer les actions existantes et en mener de nouvelles plus efficaces à l'échelon européen, que ce soit pour faire travailler ensemble nos meilleurs chercheurs avec une masse critique de ressources et les mettre en concurrence au service de l'excellence, ou pour construire les nouvelles infrastructures de recherche de l'avenir, qui ne relèvent plus de la compétence des États membres, ou encore pour établir de grands partenariats public-privé destinés à mettre au point et à déployer des technologies clés comme celles faisant appel à l'hydrogène ou la nano-électronique", a-t-il conclu. Tout au long du 7e PCRD, les projets de recherche collaborative devraient être encore davantage tournés vers les besoins de l'industrie qu'ils ne le sont au titre du 6e PCRD, estime M. Potocnik. Il considère également les Initiatives technologiques européennes communes comme les garants de la connaissance au service de la croissance. Les trois grands facteurs permettant de conserver nos entreprises en Europe sont l'excellence de la base de la recherche publique, l'infrastructure de la science et de la technologie et les ressources humaines, a déclaré M. Potocnik. Il a ajouté qu'il s'agirait des principaux points sur lesquels sera axé le 7e PCRD. C'est le nouveau Conseil européen de la recherche fondamentale qui se chargera de promouvoir l'excellence de la base de la recherche. Quant aux infrastructures, elles seront développées par le biais d'un programme d'infrastructure renforcé, qui visera notamment à fournir des équipements à vocation industrielle, tandis que la formation et le développement de la carrière des chercheurs seront soutenus par un programme "Marie Curie" amélioré, a expliqué le commissaire. Par ailleurs, a-t-il ajouté, "la convergence des programmes de recherche nationaux sera renforcée grâce à un programme d'aide consolidé, le programme 'ERA-Net', qui assurera leur coordination." "Certains de nos partenaires commerciaux livrent bataille avec des matières premières que nous n'avons pas. D'autres livrent bataille avec une main-d'œuvre bon marché, ce que nous ne voulons pas. D'autres encore livrent bataille au détriment de leur environnement, ce que nous ne pouvons accepter", a déclaré M. Potocnik. "Construire la société de la connaissance constitue probablement le meilleur, et peut-être l'unique moyen de soutenir le modèle de société européen sans devoir choisir entre croissance économique, cohésion sociale et protection de l'environnement", a conclu le commissaire.