Les vrais travaux liés à l'agenda de Lisbonne débutent au moment où la Commission présente les lignes directrices intégrées devant s'appliquer sur trois ans
"Le mois dernier, les dirigeants de l'UE se sont déclarés prêts à faire le nécessaire pour mettre l'Union sur la voie de la croissance et pour réaliser nos ambitions sociales et environnementales. Aujourd'hui, nous nous mettons au travail", a affirmé le président de la Commission, José Manuel Barroso, lors de sa présentation d'une série de lignes directrices intégrées à appliquer sur une période de trois ans et destinée à la mise en oeuvre de l'agenda de Lisbonne révisé. Le nombre de lignes directrices a été considérablement réduit, constituant ce que la Commission décrit comme un système plus simple et plus ciblé de gouvernance économique dans l'UE, axé sur les objectifs centraux que sont une hausse de la croissance et de l'emploi. Les lignes directrices énoncent une liste exhaustive de politiques dans les domaines macroéconomiques, microéconomiques et de l'emploi qui aideront les Etats membres à mettre en place des programmes nationaux de réformes d'ici l'automne 2005. Les Etats membres, après avoir élaboré leurs programmes de réformes trisannuels sur la base des lignes directrices, seront tenus de rendre compte chaque automne des progrès réalisés dans ce domaine dans le cadre de la présentation des rapports nationaux relatifs à l'application de la stratégie de Lisbonne. "La Commission proposera une analyse et une synthèse de ces rapports dans le cadre d'un rapport d'avancement annuel communautaire présenté chaque janvier", peut-on lire dans un communiqué. Les mesures macroéconomiques proposées au titre des lignes directrices ciblent une expansion économique bien équilibrée conjuguée à la réalisation totale du potentiel de croissance actuel de l'UE. Plus spécifiquement, les Etats membres sont priés d'éviter d'adopter des politiques susceptibles d'encourager une demande élevée en cas de reprise économique et de réduire la demande en cas de récession, de continuer à réduire leur dette publique à un rythme suffisant, et de veiller à ce que les systèmes de retraite et de santé soient financièrement viables tout en restant adaptés et accessibles. Sur le plan microéconomique, les Etats membres sont tenus de développer et d'approfondir le marché intérieur et d'instaurer un environnement commercial plus attrayant en accélérant la transposition des directives concernant le marché intérieur, en réduisant les aides d'Etats, et en assurant une évaluation économique, sociale et environnementale rigoureuse de la nouvelle réglementation. Pour encourager la connaissance et l'innovation dans l'intérêt de la croissance, les représentants de la Commission demandent aux pays de l'UE d'augmenter les dépenses publiques dédiées à la recherche et au développement (R&D), d'inciter davantage d'étudiants à s'orienter vers les disciplines scientifiques, techniques et de l'ingénierie, et de s'engager à élaborer des initiatives technologiques européennes communes. Enfin, les lignes directrices destinées à la création d'emplois plus nombreux et meilleurs comprennent des recommandations conçues pour attirer et maintenir un plus grand nombre de personnes sur le marché du travail et moderniser les systèmes de protection sociale, améliorer la capacité d'adaptation des travailleurs et des entreprises, et accroître l'investissement dans le capital humain en améliorant l'éducation et les compétences. Les auteurs des lignes directrices insistent également sur le fait que les Etats membres et l'UE devraient saisir toutes les occasions d'associer les autorités régionales et locales, les partenaires sociaux et la société civile à la mise en oeuvre des lignes directrices. "Nous devrions relever les défis dans un état d'esprit alliant optimisme et réalisme", a conclu M. Barroso. "L'UE dispose d'un potentiel important pour renforcer ses avantages concurrentiels. Il est désormais essentiel qu'elle agisse avec détermination pour exploiter pleinement ce potentiel."