Selon un récent rapport, le bas niveau des investissements n'affecte en rien l'impact de la recherche britannique
Selon un nouveau rapport demandé par l'Office des sciences et de la technologie (OST), l'impact global de la recherche britannique reste - en dépit d'un niveau d'investissement inférieur à celui de la concurrence - considérable, pour ne pas dire déterminant dans certains domaines. Le rapport est le troisième d'une série visant à mesurer la performance internationale relative de l'activité scientifique et technique au Royaume-Uni pour le compte du département du commerce et de l'industrie (DTI), et "confirme la forte performance internationale relative du Royaume-Uni en termes de résultats, de productivité et d'efficacité." Sur la base d'une série d'indicateurs pré-établis et de comparaisons avec 25 autres pays, les auteurs du rapport ont établi, pour la performance du Royaume-Uni dans différents domaines, un degré de cohérence supérieur à la plupart des pays - avec les sciences naturelles pour domaine de prédilection par excellence. Et si le Royaume-Uni se classe 17e sur 21 pays pour lesquels l'on dispose de données sur le financement de la recherche en pourcentage du PIB, il remonte à la deuxième place mondiale derrière les Etats-Unis pour ce qui est du nombre d'articles publiés. "La stabilisation des publications récemment observée est une consolidation plutôt qu'une réelle contraction", peut-on lire dans le rapport. Le pays occupe également la deuxième place mondiale derrière les Etats-Unis pour les citations, avec environ 12 pour cent. Le Royaume-Uni se positionne à nouveau au deuxième rang derrière les Etats-Unis dans dix domaines de recherche clés à l'exception des mathématiques, où il occupe la troisième place, et de la physique et de l'ingénierie, où il arrive en quatrième position. En termes d'impact de la recherche, le Royaume-Uni est leader mondial en santé préclinique et sciences biologiques, et sa part de doctorats est globalement la même que dans d'autres pays à l'exception de l'Allemagne, dont la performance en la matière est nettement supérieure. "Le Royaume-Uni arrive en tête des pays du G8 et arrive en troisième position au classement général derrière la Suisse et les Pays-Bas pour ce qui est de la productivité relative (articles publiés par chercheur) et de l'efficacité (citations acquises par chercheur)," affirment les auteurs du rapport. "De fait, ce léger recul au niveau des articles et ce gain au niveau des citations suggèrent un glissement de la quantité vers la qualité." Le rapport présente ensuite deux domaines potentiellement problématiques pour le Royaume-Uni. Premièrement, la disponibilité de personnes hautement compétentes ayant une formation en recherche est inférieure à celle observée chez la concurrence, bien que le nombre croissant de chercheurs en proportion du personnel de R&D puisse laisser supposer une professionnalisation accrue de la recherche. En outre, la performance britannique en termes d'investissement industriel dans la recherche faiblit et est aujourd'hui inférieure à la moyenne enregistrée chez ses concurrents. "Au niveau des domaines de recherche, le recul est plus marqué pour les sciences naturelles, domaine clé par excellence de la recherche britannique", conclut le rapport. Le ministre britannique des sciences et de l'innovation, Lord Sainsbury, a déclaré: "Ce rapport confirme la force de la science britannique, pas uniquement dans des domaines spécifiques mais au travers de toutes les disciplines scientifiques, de l'ingénierie à la physique en passant par les arts et les sciences humaines." Un porte-parole des Conseils britanniques de la recherche, la professeur Julia Goodfellow, a salué les conclusions du rapport tout en mettant en garde contre tout sentiment de suffisance: "Il est important que les secteurs public et privé investissent davantage dans la recherche et développement et que nous investissions dans le développement des capacités de domaines pour lesquels nous sommes aujourd'hui confrontés à des pénuries de main d'oeuvre compétente."
Pays
Royaume-Uni