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Contenu archivé le 2023-03-02

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Les papillons monarques expliquent le dilemme parasitaire

Une équipe de scientifiques réalisant des études sur les monarques a découvert la façon dont les parasites de ces insectes pouvaient à la fois nuire à leurs hôtes et assurer leur survie suffisamment longtemps pour infecter d'autres papillons. L'étude, partiellement financée ...

Une équipe de scientifiques réalisant des études sur les monarques a découvert la façon dont les parasites de ces insectes pouvaient à la fois nuire à leurs hôtes et assurer leur survie suffisamment longtemps pour infecter d'autres papillons. L'étude, partiellement financée par l'UE, constitue la première preuve empirique d'un système naturel de la dénommée «hypothèse de compensation». Les parasites se reproduisant dans leurs hôtes consomment leurs ressources, détruisent peu à peu leur corps et provoquent une immunoréaction. Le parasite doit donc trouver une façon d'assurer sa reproduction et d'augmenter ses taux de transmission tout en minimisant les dégâts effectués sur le corps de l'hôte, et ce afin de ne pas l'exterminer avant que le parasite n'ait été transmis à d'autres hôtes. Dans cette récente recherche, les scientifiques se sont penchés sur les monarques femelles ayant été infectés à différents niveaux par des spores d'un parasite appelé Ophryocystis elektroscirrha, que l'on rencontre souvent dans les populations de monarques sauvages. Les résultats sont publiés en ligne par la revue The Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). D'après les découvertes des chercheurs, les papillons gravement infectés par le parasite périssaient souvent avant l'accouplement; dans le cas où ils survivaient, ils ne parvenaient pas à s'accoupler. Parallèlement, il semblerait que les papillons possédant une faible charge parasitaire vivent longtemps et donnent naissance à de nombreuses progénitures, et peu d'entre elles sont infectées par le parasite. Le meilleur résultat, du point de vue parasitaire, a été observé chez les papillons à charge parasitaire intermédiaire; ces derniers ont vécu plus longtemps et ont pondu beaucoup d'oeufs. «Les parasites doivent détruire leurs hôtes pour se reproduire et être transmis», a déclaré Jacobus de Roode de l'université Emory (États-Unis), auteur principal du communiqué et bénéficiaire d'une bourse internationale sortante Marie Curie accordée par l'UE. «Or, d'après cette étude, si leur action sur l'hôte est trop violente, ils en souffriront également. D'autre part, un parasite totalement inoffensif n'est pas forcément synonyme de résultat positif; en effet, ces parasites ne se reproduisent pas suffisamment afin d'être transmis de façon efficace.» Les scientifiques ont, par ailleurs, souhaité découvrir ce qu'il se passait dans les populations sauvages. La population des monarques de l'Est, comme chacun le sait, hiverne au Mexique et rejoint ensuite ses lieux de couvaison au Canada. Ce voyage équivaut environ à une distance de 5000 kms. La population occidentale, quant à elle, effectue tout juste un tiers de cette distance le long de la côte californienne. «Si les parasites se révèlent plus inoffensifs dans une population que dans une autre, ce sera sans aucun doute chez les monarques de l'Est; en effet, ces papillons effectuent les trajets les plus longs, et les parasites détruisant leurs hôtes au cours de ce long voyage ne se reproduiront pas», a déclaré Sonia Altizer de l'université de Georgia (États-Unis). Les chercheurs ont introduit des souches parasitaires provenant de leur propre population et de l'autre population chez chaque population de papillons. Les parasites extraits de la population occidentale ont provoqué la mort précoce des papillons. Cela confirme donc, comme l'avait prévu les scientifiques, que les parasites orientaux sont moins nuisibles à leurs hôtes. Ces résultats auront de grandes implications pour la santé humaine; en effet, de nombreux chercheurs sont intéressés par l'influence de l'hypothèse de compensation sur l'efficacité des tentatives visant à bloquer la transmission des agents pathogènes humains.

Pays

États-Unis

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