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Lancement de la première stratégie de recherche européenne sur les maladies neurodégénératives

Certains des meilleurs chercheurs du monde se sont réunis le 15 avril à Stockholm, en Suède, pour définir un agenda de recherche paneuropéenne qui établira la marche à suivre pour les initiatives de programmation conjointe contre les maladies neurodégénératives (JPND - Joint P...

Certains des meilleurs chercheurs du monde se sont réunis le 15 avril à Stockholm, en Suède, pour définir un agenda de recherche paneuropéenne qui établira la marche à suivre pour les initiatives de programmation conjointe contre les maladies neurodégénératives (JPND - Joint Programme on Neurodegenerative Diseases). Il s'agit de la première des nouvelles «initiatives de programmation conjointe», et son lancement marque une transition dans la manière dont la recherche est financée et coordonnée en Europe. Actuellement, 15% des fonds publics pour la recherche en UE sont distribués au niveau européen; les 85% restants sont répartis dans divers programmes nationaux. Bien que plusieurs programmes nationaux aient de nombreux éléments en commun, la coordination entre eux est déplorable. L'objectif de la programmation conjointe est de relier les programmes nationaux qui abordent des questions d'importance européenne ou mondiale. En rassemblant les ressources, les programmes réduiront considérablement la duplication des résultats et mèneront des recherches plus efficaces. Les pays décident de participer aux programmes sur une base totalement volontaire; le rôle de la Commission européenne est de faciliter et de coordonner les activités. La maladie d'Alzheimer et les autres maladies neurodégénératives sont au coeur de la première initiative de programmation conjointe, et 24 pays d'Europe participent à l'initiative. Le coût du traitement des maladies neurodégénératives pour les systèmes de santé en Europe s'élève chaque année à quelque 72 milliards d'euros. Les traitements existants des maladies neurodégénératives sont limités et s'attaquent essentiellement aux symptômes plutôt qu'à la cause de ces pathologies. Les maladies neurodégénératives sont fortement liées à l'âge. Actuellement, 16 % des Européens ont plus de 65 ans et ce chiffre devrait atteindre 25 % d'ici 2030. L'incidence de ces maladies, ainsi que les frais sociaux et financiers nécessaires pour les traiter, devraient donc augmenter dans les années à venir. L'objectif de la JPND est de rapidement améliorer notre compréhension des causes de ces maladies invalidantes, ainsi que de garantir un diagnostic précoce et la mise au point de nouveaux traitements. L'initiative souhaite également encourager la mise à disposition de meilleurs soins médicaux et d'aides sociales pour les patients et les personnes s'occupant d'eux. Le conseil d'administration de la JPND est déjà en place et le conseil scientifique consultatif composé de 15 scientifiques issus des domaines de la recherche fondamentale, clinique et sociale, et sur la santé, se réuniront pour la première fois à Stockholm. Le conseil scientifique consultatif a pour mission d'élire un président et un vice-président, ainsi que de préparer les agendas de recherche à court, moyen et long termes. Le professeur Philippe Amouyel, du Centre hospitalier universitaire de Lille et président du conseil d'administration, espère que ses collègues du conseil scientifique consultatif parviendront à établir certains thèmes majeurs avant la fin de l'année 2010. L'agenda de recherche intégral devrait être prêt en 2011. Le professeur Amouyel explique que l'agenda sera comme un menu: les pays participant à la JPND sélectionneront les thèmes qui les intéressent et décideront de la meilleure façon de coordonner leurs activités dans ces domaines. «Une fois qu'une priorité est définie et sélectionnée, il ne reste plus qu'à vérifier qu'elle n'existait pas déjà», explique le professeur Amouyel à CORDIS Nouvelles. Dans certains cas, les initiatives existantes peuvent se rejoindre, tandis que d'autres thèmes exigeront la mise en place de nouvelles initiatives. Il sera possible de lancer des appels à propositions conjoints, et le professeur Amouyel pense que certains pays pourraient souhaiter financer des chercheurs d'autres pays. «Tout est possible et nous sommes ouverts à tout», déclare-t-il. «Le succès s'appuie sur une vision partagée selon laquelle la mise en commun des connaissances, des infrastructures, des appels à financement, ainsi que la création d'une masse critique par des approches cohérentes et multidisciplinaires, se traduira par les meilleurs objectifs et réponses scientifiques», ajoute-il. «Ce faisant, nous optimiserons l'investissement de la recherche dans les maladies neurodégénératives en Europe.» «Grâce à ce programme conjoint, les meilleurs chercheurs en médecine d'Europe vont collaborer et mettre en commun des ressources pour aider les millions de personnes qui souffrent de la maladie d'Alzheimer ou d'autres maladies neurodégénératives», déclarait Máire Geoghegan-Quinn, commissaire européenne en charge de la recherche, de l'innovation et la science. «En rendant la recherche plus performante et en évitant toute reproduction inutile de travaux déjà conduits, le programme conjoint élargira les perspectives de progrès réel dans la prévention et le traitement de ces maladies. Les enseignements tirés permettront alors d'éclairer les efforts de recherche menés dans d'autres domaines.» La JPND est considérée comme un projet pilote pour la programmation conjointe. D'autres programmes sont déjà en cours de réalisation, et le professeur Amouyel explique que son équipe et lui-même communiquent d'ores et déjà avec des parties impliquées dans d'autres projets de programmation conjointe. «Nous transférons des informations sur les méthodes de travail, sur l'organisation et l'identification des thèmes», fait-il remarquer.

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