Les scientifiques reconstituent la structure médiatique de l'UE
Quelle est l'influence des médias sur la construction de l'agenda des actualités dans les États membres de l'UE? «Importante», affirment les chercheurs financés par l'UE, qui ont évalué plus de 1 million d'articles d'actualités en 22 langues afin d'identifier les facteurs responsables de cet impact. L'étude, la première grande analyse de contenu de texte inter-linguistique utilisant des outils d'intelligence artificielle, est présentée dans la revue PLoS ONE. La recherche a été en partie financée par le projet PASCAL2 («Pattern analysis, statistical modelling and computational learning 2»), qui a reçu 6 millions d'euros au titre du thème «Technologies de l'information et de la communication» (TIC) du septième programme-cadre (7e PC). Par ailleurs, le logiciel utilisé dans l'étude a été développé par le projet SMART («Statistical multilingual analysis for retrieval and translation»). SMART a été financé à hauteur de 2,34 millions d'euros au titre du domaine thématique «Technologies de la société de l'information» (IST) du sixième programme-cadre de l'UE (6e PC) et a créé un plan de traduction automatique statistique relatif aux actualités de l'UE, appelé «Found in Translation», qui faisait de la technologie de traduction automatique. Chaque jour, les bureaux de presse basés en Europe couvrent des myriades d'histoires choisies à partir d'un dépositaire détaillé. On pourrait supposer que les bureaux de presse fondent leur choix sur des critères spécifiques, mais les chercheurs ont découvert que des modèles spécifiques lorsque tous ces choix sont évalués sur une période longue et un ensemble d'agences médiatiques. Les informaticiens, menés par le professeur Nello Cristianini de l'Université de Bristol au Royaume-Uni, en collaboration ave le professeur Justin Lewis de l'université de Cardiff au Royaume-Uni, ont découvert que le contenu des actualités sélectionnées par les agences reflète les préjugés nationaux, et les rapports culturel, géographique et économique entre les pays. Un bon exemple, selon les chercheurs, en sont les bureaux de presse qui s'échangent les informations liées aux intérêts communs, qu'il s'agisse d'informations à propos de la zone euro ou de chanteurs participant au concours annuel de l'Eurovision Ils font remarquer que la déviation du «contenu normal» est évidente dans les bureaux de presse de pays en dehors de la zone euro, par exemple. La recherche à ce sujet était relativement inexistante par le passé car aucun outil n'avait été développé pour évaluer la grande quantité de données disponibles. Mais grâce à la création de traduction automatique et à l'analyse de texte, les scientifiques ont utilisé des méthodes automatisées d'intelligence artificielle qui leur ont apportés de bons résultats pour leur étude. «L'automatisation de l'analyse de contenu des nouvelles pourrait avoir des applications significatives, en raison du rôle essentiel joué par les médias en fournissant les informations utilisées pour comprendre le monde», explique le professeur Cristianini de l'Intelligent Systems Laboratory de Bristol. Pour leur étude, les chercheurs ont regroupé des articles à partir des alimentations en nouvelles en ligne des 10 bureaux de presse (par volume de circulation web) pour chaque État membre. Au total, ils ont collecté 1 370 874 articles d'actualités sur une période de 6 mois (entre août 2009 et janvier 2010). Le nombre d'articles d'actualités de langue non-anglaise s'élevait à 1,2 million; ces derniers ont été automatiquement traduits en anglais. L'équipe a découvert divers liens entre la Grèce et Chypre; La République tchèque et la Slovaquie; La Lettonie et l'Estonie, la Belgique et la France; et l'Irlande et le Royaume-Uni «Cette approche a le potentiel de révolutionner la façon dont nous comprenons nos systèmes médiatiques et d'informations», fait remarquer le professeur Lewis. «Cela ouvre la porte à la possibilité d'analyser la médiasphère sur une échelle mondiale, en utilisant d'énormes échantillons que les techniques analytiques traditionnelles ne pourraient simplement pas approuver. Elle nous permet également d'utiliser des moyens automatisés pour identifier les groupes et les modèles de contenu, en nous permettant d'atteindre un nouveau niveau d'objectivité dans notre analyse.» Le professeur Cristianini affirme que l'outil développé par le projet SMART est désormais utilisé en tant que partie du plan principal qui évalue le contenu des actualités de l'UE. L'institut pour la protection et la sécurité des citoyens (IPSC), un des sept instituts du Centre commun de la recherche (CCR) de la Commission européenne, a contribué considérablement à cette étude.
Pays
Royaume-Uni